‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 99 sur 251 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SEMOUR, CRAUMER.

«I K puis donc sans témoins tous parler en ces lïenx Qae javais à long-temps interdits à mes yenz ! An récit imprévu du malheur de la reine ^ Madame , ma saint devoir k Londres me ramène ; Et du pied des auteU, au pied du trdne admis, J'oserai m'opposer' i ses vils ennemis.

La Toix des counisanA , t<hx trtHnpeuse et funeste , Lui reproclie i .grands cris l'adultère et l'inceste ; Parmi ses détracteurs je ne puis tous compter -,

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■Aia HENRI VIII.

Je vois le rang «i^rlx où voui ievcK ntoater : Un trÔDS vous attend; la routa an est 0H*«rte: La reine vit encore , mais le roi veut sa perte. Je ccHinaû son dépit et son nouvel amour , Et je connais ausù les vertnt de SeilnMir. Votre coeur me prévient , et se plaît k m'entendre : Ah ! ne repoussez pas on intérêt si tendre ; Et , m «(mtffi flonlen tout t^iUaft adiourd^ui , Que SA rivale au moins devienne son appui.

Assez d'autres sans moi , pleins d'un servile zèle , Flatteront désftrmak voire ^ndtur iMuvcIle :

Je dois 11 rinnbcence apporter mon secours.

Ma bouche connaît peu le langage des cours ; Je n'entre point ici pour approuver les crimes , Et des prêtres flatteurs j'abhorre les maximes. Je ne veux point, madame, unirl l'eaceosDir, Les soins du ministère et Tabus du pouvoir ; Lcnn de moi ce désir impie et sacrilège !

Je prétends réclamer le -[dus s&int privil^.

Par nous ta vérité dent aller jusqu'aux rois; Près de mon souverain -fw^ereerai mes droiu.

Puisse un Dieu qui toujours a prêché l'indulgence , L'éclairer par ma bouche , et fléchir sa i

Pontife vesfBtMt , TO» de^n sont les ^aSeéa : Servons tous dam k 'reine , et tttyom s» 'soutieini. Soumise à son empire, ^vée «upïf s d-'ette , Je gacde k bcs Uen^te nn souvean* fidHe.

D'un rang trop périHauK à j'aimais lasplenilcin', Voudrais-^o fmr ua «ntti* adieter ma fadeur?

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ACTEI, SCÈMEI. «iS

Tfon j i« hm cflt orgasil.qui renâ-Vnne inseosUiie , Et je veux ruhi» d'éclat, maia un ccenr pUis paisible.

chanher.

Gardez ces sentimens , ils sont dignes de vous.

SBIMOUK.

Poisse la reine eaoor désarmer son époux !

CïAHMER.

D'an » prompt changement quel est donc le mystère !

SEIMOUS.

Hélas ! Tons en voyez la cause involontaire.

Heureuses toutes deux , tranquilles , si toujours

Loin d'elle et loin du roi j'avais passé mes jours '.

n m'aime.. On connaît trop ses orgueilletix caprices ;

L'amour en tous les teras causa ses injustices.

De liens importuns soigneux de s'aflranchir ,

Sous un devoir pénible il ne sait point flécbir.

Des princes d'ÂrAigon la £11e iofortunêe ,

Pour, un nouvel bymen jadis abandoimée,

Vit d'un injuste arrêt son hymen outragé \

De cet empire entier le culte fiit changé y

Et de l'heureux Volsei la disgrâce éclatante

Marqua , vous le savez , cette époque importante. '

C'est le jour de la reine ; il devait arriver ;

Elle éprouve un maBieur qu'elle a fait éprouver :

L'amour la couironna ; c'est l'amour qui l'opprime.

Captive , elle gémit dans le séjour du crim« ;

Et son frère , et Norris , long-temps aimé du roi ,

Lui qu'aupr<^ de la rdne attachait son emploi ,

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3i4 HENRI VIII.

Lui qui , par son ci^<fit , «es vertus , son courage , Des Anglais, jeune encore , a m^lé l'homiuage j Quelques autres sujets qui, dans un rang plus bas, Servaient aussi la reine et suivaient ses pas, Victimes du pouvoir et de la calomnie , Partagent de ses fers l'illustre ignominie.

C'est peu qu'en la voyant réduite à l'abandon , Aucun n'ose aujourd'hui demander son pardon \ Des amis du pouvoir que devait-elle attendre ! Mais , hélas ! sans frémir vous ne pourrez Tentendre , Celui de qui la voix préside au jugement, Son flatteur autrefois , Norfolk en ce moment Brisant le nœud sacré qui l'unit à la reine , Du monarque inflexible irrite encor la haine; Et, de son propre sang criminel oppresseur, Ose insulter lui-même aux enfaos de sa sœur.

Lorsque ma voix timide, et toujours impuissante, Rappelle à son ^Kiux cette épouse ■innocente , n m'écoute avec peine ; et , loin d'être touché , n me jure un amour que je n'ai point chçrché. O vous à qui le ciel accorde ses lumières , Boulen n'a plus d'espoir qu'en vos seules prières : Pour elle au cœur du roi sachez vous adresser j Et , si mon sort enfin peut voua intéresser , Cranmer , en la sauvant d'une injuste disgrâce , Sauvez-moi du malheur de régner k sa place.

CKAVMER.

Ainsi vous dédaignez une orgueilleuse erreur. Hélas ! plus imprudente elle aima son malheur. Mais si tçus deux enfin , regrettant sa puissance ,

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