PROLOGUE
le matériel d'an directeur de spectacle se renfermait dans un sac et se réduisait à quatre jaquettes de peau blanche, garnies de cuir doré, à quatre barbes, quatre perruques et \quatre houlettes, un peu plus ou un peu moins. Les pièces létaient des colloques, espèces d'églogues entre deux ou trois ^pergers et quelques bergères. On les embellissait et on les ; allongeait au moyen de deux ou trois intermèdes où figa- : raient tantôt une négresse, tantôt un ruiian, tantôt un niais Vou un basque, ^^ope représentait avec la plus grailda4]ifir£ec^ tion ces quatre types et beaucoup d'autres encore. Il n'existait alors ni machines, ni défis de Maures et de chrétiens à , pied et à cheval. Il n'y avait pas de personnages sortant ou / «. '* ' paraissant sortir de terre par une trappe; la scène se corn- ,r^"f^ "^ posait de quatre bancs en carré et de quatre ou six planches superposées, qui rélevaient à quatre palmes du sol. On ne voyait pas descendre du ciel des nuages portant des anges ou des âmes. Le théâtre était orné d'une vieille couverture tendue sur deux cordes, d'une partie à l'autre, formant ce qu'on appelle un vestiaire pour les acteurs, et derrière laquelle se tenaient les musiciens, chantant sans guitares quelque romance ancienne. Lope de Rueda mourut, et, parce qu'il fut un homme excellent et célèbre, on Tinhuma dans la grande église de Gordoue (où il mourut), entre les deux I chœurs où repose aussi ce fameux fou Louis Lopez. A Lope ' de Rueda succéda Naharro, natif de Tolède, fameux dans le -personnage d'un rufian poltron. Celui-ci modifia quelque peu la décoration des comédies et changea les sacs du vestiaire en coffres et en malles, il àta la musique de sa place primitive pour la placer sur le théâtre, enleva les barbes des comédiens, qui tous alors jouaient avec des barbes postiches, et voulut que tous parussent à visage découvert, si . ce n'est ceux qui devaient faire les rôles de vieillards et autres demandant un changement de figure. Il inventa les