‹ Théâtre de Michel CervantèsChapitre 5 sur 36 · S4 PROLOGUE · texte numérisé non relu

S4 PROLOGUE

vement, le faste, la grandeur des comédies de Luiz Yelez de Giievara ; celles qui restent encore en patois de cet esprit fin appelé Don Antonio de Galarza, et celles que promettent les Supercheries d^ammr de Gaspar d'Avila. Tons, avec le concours de quelques autres, ont aidé le grand Lope à élever son vaste édifice.

Il y a quelques années, je retournai à mon ancienne oisiveté, et, pensant que durait encore le temps où l'on chantait mes louanges, je revins à composer quelques comédies. Je ne trouvai pas d'oiseaux dans les nids de l'année précédente, je veux dire que je ne trouvai pas de directeurs qui me les demandassent, quoiqu'ils sussent bien que je les avais écrites, et alors je mis mes comédies dans un coffre et les condamnai à un silence éternel. Un libraire me dit alors

qu'il me les aurait bien achetées si un auteur enjUre ne l'avait assuré que de ma prose on pouvait beaucûupjaitendre, mais de mes vers, non. S'il faut parler vrai, il est certain que cette parole me donna beaucoup de chagrin, et je dis à part moi : t Ou je suis bien changé, ou les temps se sont bien améliorés, contrairement à l'usage; car on loue toujours le temps passé. » Je jetai les yeux sur mes comédies et sur quelques-uns de mes intermèdes abandonnés avec elles dans un coin, et je vis que tout cela n'était pas assez mauvais pour ne pas mériter de passer des ténèbres de l'esprit de ce directeur à la lumière d'autres moins scrupuleux et mieux entendus. Je pris mon parti et Je vendis le tout au libraire, qui Ta édité comme je l'offre ici. Il me paya raisonnablement; je touchai mon argentavec délices sansavoir à me quereller avec les acteurs. Je voudrais que ces pièces fussent les meilleures du monde, ou au moins sensées. Tu le verras (mon lecteur). Si tu trouves qu'elles contiennent quelques bonnes choses, et si tu rencontres mon directeur médisant, dis-lui qu'il s'amende^ car^ après tout, je ne fais

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de mal à personne; dis-lui que mes ouvrages ne contiennent pas de niaiseries patentes; que le vers est celui que demandent les comédies, lequel doit être des trois styles le plus naturel; que le langage des intermèdes est justement celui des personnages qui y figurent, et que pour raiîheler tout cela je lui offre une comédie que je suis en train de composer, et que jMntitule la Méprise des yeux (el Engano à les ojos), dé laquelle (si je ne me méprends) il doit être content. ^t %inteQant, que Dieu te donne la santé et à moi la Paiifence.

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Les personnages qui parlent dans cette pièce sont les sniTants :

PEDRO DE URDE MALÂS.

CLÉMENT, jeune paysan-

CLÉMENCE et BËNITÀ, jennes paysanes.

CRESPO, alcade, père de Clémence.

SANCHO MACHO et DIEGO TARDGO. régidon

LAGARTIJA et HORNACMDÉLOS, laboarears.

REDONsO, greffier.

PASCDAL.

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