SCÈNE XII
FORESTIER, seul.
Enfin, ce que je cherchais depuis des années vient s'offrira moi!... tous mes vœux peuvent être comblés... j'ai poursuivi la fortune avec acharnement, je désire avec autant d'ardeur ia considération qui s'attache au rang et à la famille ! Eh bien ! je l'aurai ; mon argent me servira à l'obtenir î... Ah! ils seront bien attrapés, ceux qui disent : Il est riche, mais il est commun ! mais il a pour parents de pauvres gens grossiers !... Ah ! bien oui !... un comte , un général !... une famille noble, considérée !... voilà ce qu'un peu d'adresse va m'assurer !... Mais c'est un coup de partie qui ne se retrouverait peut-être jamais, si je le manquais aujourd'hui !... il faut que ce mariage se fasse : il le faut pour moi ; il le faut pour le général qui est perdu sans cela ; il le faut aussi pour cette jeune iille qui est vraiment charmante !.... Depuis que je la connais, que de fois me suis-je dit : C'est là la femme qu'il me fout!... cette idée m'a poursuivi !... Marie a vraiment fait impression sur moi !... j'ai travaillé vingt ans pour être heureux; eh bien ! il me semble maintenant que si je n'obtenais pas cette jeune fille , il me resterait toujours quelque chose à regretter... Il faut donc réussir !... elle hésitera peut-être?... nous saurons la contraindre à consentir à son bonheur. Voici sûrement M. de Sivry ?... tenons-nous bien ?.. Oh ! sa iille !...