SCÈNE XI- LE CHEVALIER, LA PRÉSIDENTE, LUSSAN, LE MARQUIS
la présidente, entrant.
Me voilà prisonnière !... Aucun moyen de partir!... mes gens, ma voiture, tout a disparu!... et je pourrais m'effrayer; car je ne sais, Messieurs, si vous êtes des gardiens pour une captive, ou des défenseurs pour une femme en danger!...
LE MARQUIS
Des gardiens ?... Vous doutez de notre loyauté ?...
LA PRÉSIDENTE
Mais que dois-je penser? après avoir voulu me faire quitter le château, on m'empêche d'en sortir ; et vraiment tout ce qui m'arrive, ce que je vois, ce que j'entends doit me paraître fort singulier ! pourtant j'aime mieux en rire que m'en fâcher, et j'ai même envie d'occuper les loisirs de ma captivité à vous rendre service à tous. On ne veut pas que je me mêle à vos plaisirs ? eh bien ! je vais me mêler de votre bonheur.
LE MARQUIS
Et comment cela?
Vous verrez ! Chacun ici est mécontent, et désire ce quMl n'a pas : M. de Lussan est jaloux; M. le marquis est ennuyé, et le chevalier est, dans ce moment surtout, fort contrarié !... Il ne tient peut-être qu'à moi que tout change ! si vous me secondiez, avant une heure chacun serait satisfait.
LUSSAN
Ce n'est pas possible?
LE MARQUIS
Oh ! je serais curieux de voir cela.
LE CHEVALIER
Et que faudrait-il faire ?
LA PRÉSIDENTE
Rien ! que me promettre de suivre mes conseils.
LE MARQUIS
Je ne demande pas mieux.