‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 37 sur 350 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

vos manières un air d'intérêt , d'affection pour moi , auquel je suis très-sensible !... A présent que je suis riche , que je suis à la veille de n'avoir plus rien à faire, qu'est-ce qu'il me faut à moi? des amis.

Que puis-je pour vous obliger ?

FORESTIER

D'abord, je suis contraint d'avouer ce que je cachais encore, c'est que ce voyage à Bordeaux, dont je parlais depuis quelque temps (à sa femme ) et où vous avez refusé de m'accompagner , est forcément très-prochain ; je pars cette nuit.

MARIE

Cette nuit ?

FORESTIER

Ce sera mon dernier voyage , et désormais je ne vous quitterai plus. Dans quelques mois, tout sera pour jamais fini ; plus d'affaires, plus de spéculations , mais jusque-là , j'ai encore quelques intérêts ici, et j'ai compté sur M. d'Arbel pour y veiller en mon absence. marie, vivement,

Y pensez-vous, Monsieur ?

CHARLES

Pour ce qui regarde vos intérêts , je suis à vos ordres. Mais pour acccompagner ces dames au bal, vous voudrez bien m'en dispenser, je l'espère.

MADAME D'HORBIGNY.

M. d'Arbel est aimable.

FORESTIER

Oh ! ce refus me contrarie ! au reste , arrangez- vous avec elles : il faut que je vous quitte pour quelques instants ; vous voudrez bien m'attendre ici, n'est-il pas vrai ?

MARIE

Il est indispensable que je rentre chez moi, et vous me permettrez de laisser à ma cousine le soin de tenir compagnie à ces messieurs.

Moi? pas le moins du monde I... nous ne partirons point pour le bal avant une heure, je vais l'employer à faire une visite. (A demivoix à Marie.) Rester avec ces messieurs ! l'un ne s'occupe que de lui , l'autre ne s'occupe de personne ! Ils sont vraiment bien amusants!

MELCOURT.

Mon Dieu! que personne ne se gêne! nous attendrons fort patiemment ensemble.

(Marie salue et sort par une porte latérale; madame d'Horbigny sort par le fond, ainsi que Forestier.)

52 MARIE

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