ACTE III, SCENE VII
à ma mère, sans son mariage à elle. Maintenant, je lui conterai toute la vérité. Oh ! je n'ai rien oublié !... C'était au bal : tout à coup il m'aperçut , et n'acheva pas sa phrase commencée ; et ses regards , pendant toute la soirée, ne me quittèrent pas un seul instant. Moi, je me sentis troublée. Personne ne m'avait jamais regardée ainsi ! Quand madame d'Horbigny , qui le connaissait déjà , lui permit de venir nous voir, je fus bien contente, et lui, il parut enchanté ! Il vint bien plus tôt qu'il n'avait dit... et pourtant, je l'attendais déjà ; il était troublé, et moi, je me sentais rougir. Alors, je devinai tout de suite que nous nous aimions, car j'avais entendu dire à ma cousine que c'est toujours comme cela que l'amour commence. Ensuite , nous passâmes toutes nos journées ensemble. Ah ! il n'eût pas ainsi oublié tout le beau monde de Baden pour rester près de moi, et il n'eût pas souffert autant que moi quand je partis , s'il ne m'eût pas aimée ! Aussi , depuis ce temps , tous mes plaisirs d'autrefois ont cessé de m'amuser, et je ne sais comment il peut se faire que je sois devenue en même temps plus triste et plus heureuse. C'est qu'il reviendra, puisqu'il m'aime.
M. Charles d'Arbel.