SCÈNE PREMIÈRE
ISABELLE, mademoiselle MONISTROL, puis LA MARQUISE.
(Isabelle entre par la porte de droite, mademoiselle Monislrol la suit. Elle doit être très-gaie.
ISABELLE
Trois heures, et Charlotte n'a point encore paru !
MADEMOISELLE MONISTROL
Et mademoiselle qui, grâce à nos belles habitudes du Marais, est levée depuis huit heures, bien avant tous les domestiques de l'hô-
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tel , et peut-être avant tous les concierges de la rue du Faubourg-
Saint-Honoré.
Isabelle, riant.
Le grand mal ! j'aurai vécu quelques heures de plus ! mais bientôt je prendrai les beaux usages... je serai élégante, heureuse et peut-être à la mode comme la marquise de Tréneuil... Depuis hier que je suis chez elle... je ne puis encore... Ah ! voilà Charlotte...
(Elle va à la marquise, qui entre par la porte de gauche ; elle tient des lettres.)
la marquise, allant se placer entre Isabelle et mademoiselle Monistrol.
Pardonne, si je ne suis pas venue tout de suite... [souriant) car tu es là depuis quelques instants, je le sais; de ce cabinet on entend tout ce qui se dit ici; mais ces lettres à finir m'ont retenue.
ISABELLE
Est-ce que je voudrais que tu changeasses quelque chose à les habitudes ?
LA MARQUISE
Tu permets donc... (Elle prend des lettres des mains du chasseur qui entre, et qui dépose sur la table une pile de journaux démesurément grosse.) Ah ! ce sont les journaux d'aujourd'hui ! (Elle ouvre les lettres qu'on lui a remises.) Une invitation de bal... (Elle jette la lettre sur la table , à côté des journaux, et ainsi des autres à mesure quelle les lit.) un concert... deux bals... (ouvrant encore des lettres.) encore des bals... une loterie... une matinée musicale...
Que tu es heureuse !
mademoiselle monistrol , qui a remué la masse des journaux et remue les invitations avec un gros soupir. Que de plaisirs dans tout cela !... Et dire que les uns ont tout...