SCÈNE III
SYLVIA, qui s’est assise et cache sa tcte dans ses mains; FABIO, OU. costume de Léandre.
FABIO
Qu’est-ce donc, madame? Est-ce que vous pleurez?
SYLVIA
Je pleurerais volontiers, de la migraine que j’ai !
FABIO
Au moment de jouer ? Quand je venais vous demander de répéter vitement la mise en scène que nous avons ensemble ?
Oh ! je ne saurais, car je ne crois point que je puisse r©-*
présenter ce soir. Vous feriez bien, par prévision, d’aller répéter avec la Marinette.
FABIO. r
La Marinette ferait votre partie ? Vous n’y songez point. Ce serait do quoi nous faire tous siffler ! Une fille éventée, qui fait tout au plus la Colombine, et qui, tout occupée d’elle seule, ne ménage nul effet à son interlocuteur.
SYLVIA
Elle fera de son mieux, et vous vous en récompenserez un autre jour.
FABIO
Madame, en vérité, vous n’avez ni l’œil ni la voix d’une personne malade, et je crois que vous faites ceci pour me désobliger.
SYLVIA
Moi ? Est-ce que j’eus jamais de ces méchants capriceslà?
FABTO.
Si c’en est un, il est fâcheux pour tout le monde. Marielle lui-même s’en ressentira et n’aura point son succès accoutumé.
SYLVIA
Marielle, manquât-il la moitié de son rôle, saura mettre encore assez de perfection dans son jeu pour ravir le public.
FABIO
Vous êtes fort vaine du talent de votre mari ! on le sait !
SYLVIA
C’est ma seule vanité : ne m’est-elle point permise?
FABIO
Comme votre œil reluit en me disant celai (Atec ironie.) Vous souffrez beaucoup, n’est-il pas vrai ?
SYLVIA
Tellement, que je me retire et vous salue. (Elle sort.)
MARIELLE