SCÈNE XXIV
MARIELLE, ERGASTE, FLORIMOND, PIERROT, DESŒILLETS.
MARIELLE, se jetant sur Desœillcts.
Ou est Sylvia? Qu’as-tu fait de Sylvia? Réponds.
DES OEILLETS
Miséricorde ! monsieur Marielle, vous me détruisez !
• ERGASTE
Parle vite, ou tu es mort !
DESOEILLETS
Mais quoi?... Madame Sylvia, vous dites ? Je l’ai menée chez moi et n’y suis point retourné. Qu’est-il donc arrivé, mon Dieu ?
MARIELLE, saisissant la main de Desœillets.
Qu’est-cc que tu tiens là ?
DESOEILLETS, feignant de résister.
Rien, rien, monsieur Marielle, ce n’est point pour vous!
MARIELLE, lai arrachant la letlre.
C’est l’écriture de Sylvia ! Pour Fabio ? Qui t’a donné cela ?
DESOEILLETS
Un inconnu, monsieur... Je ne sais ce que c’est, en vérité! (Marielle ouvre la lettre convulsivement.) Mais, monsieur...
MARIELLE.
Laissez-moi, laissez-moi !... (il vient sur le bord de la scèno arec Ergasto. Desœillets s’esquive. Marielle, lisant à demi-voix auprès d’Ergaste qui suit des yeux.) « Vous le voulez, Fabio ! Pour que vous me rendiez votre amour, il faut que je vous sacrifie mon honneur. Je ne tromperai point Marielle; je renonce à sa protection comme à son estime. Le sort en est jeté. La passion me domine. Je pars , suivez-moi ! — Sylvia. »
ERGASTE
Elle ne peut point avoir écrit cela !
MARIELLE.
Tu ne connais’donc point son écriture? (U lui met avec violent» la lettre sous les yeux et s'affaisse dans un fauteuil.)
ERGASTE
Oh 1 mille tonnerres ! je crois rêver !
FLOR1MOND, se rappochant d’eux.
Eh bien, qu’est-ce qu'il y a, voyons ? Votre femme vous
M ARIELLE
trompe, Marielle? Ne l’avais-je point prévu? Toutes les femmes sont des masques effrontés que l’enfer devrait confondre! (Marielle se cache ta ligure dans ses mains.)
PIERROT
Oh ! monsieur Marielle ! qu’est-ce que vous avez donc à vous chagriner comme ça ?