‹ Théâtre de NohantChapitre 72 sur 208 · SCÈNE XI MERCURE, BACTIS · texte numérisé non relu

SCÈNE XI MERCURE, BACTIS

MERCURE

Maintenant, suis-moi et réjouis-toi de ton sort. Tu es trop beau pour faire la guerre ; je vais te vendre à mon profit à quelque vieillard qui te fera son héritier, ou à quelque satrape d’Asie qui te comblera de richesses.

BACTIS.

Tu prétends tromper ainsi Chrémyle et frauder l’État? Prends garde, misérable ! je vais te prouver que j’ai la force de combattre!

MERCURE

Frappe un dieu, si tu l’oses ! je suis Mercure !

BACTIS.

Tu n’es pas Mercure, ou Mercure n’est pas un dieu.

MERCURE, détachant de longues chaînes d’or qui lui servent de ceinture.

Reconnais-moi à ces attributs, qui, pour tous les hommes, sont des arguments de persuasion sans réplique. Je vais te lier et te conduire à l’ennemi.

BACTIS, brisant la chaîne dont Mercuro l’a enlacé.

Ces liens sont faibles, Mercure ; ils ne retiennent dans la honte que les pervers et les lâches.

MERCURE

Quelle divinité te protège donc, ô toi que ces chaînes d’or ne peuvent soumettre ?

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