‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 104 sur 277 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

DORANTE, CLITON

Il eft mort! Ojuoy, Monfieur, vous m'en donnez auffi! A moy de voftre cœur l'unique fecrétaire 1 A moy de vos fecrets le grand dépofitaire 1 Avec ces qualitez j'avois lieu d'espérer Clu'affez malaifement je pourrois m'en parer.

DORANTE

Quoy, mon combat te femble un conte imaginaire ?

CLITON

Je croiray tout, Monfieur, pour ne vous pas déplaire, Mais vous en contez tant, à toute heure, en tous lieux,

Qu'il faut bien de l'esprit avec vous, & bons yeux. More, Juif, ou Chrétien, vous n'épargnez perfonne.

DORANTE

Alcippe te furprend, fa guérifon t'étonne,

L'état où je le mis étoit fort périlleux,

Mais il eft à prefent des fecrets merveilleux.

Ne t'a-t'on point parlé d'une fource de vie

Que nomment nos guerriers poudre de Sympathie?

On en voit tous les jours des effets étonnants.

Encor ne font-ils pas du tout fi furprenants, Et je n'ay point appris qu'elle euft tant d'efficace, Qu'un homme que pour mort on laiffe fur la place, Qu'on a de deux grands coups percé de part en part, Soit dès le lendemain fi frais & fi gaillard.

DORANTE

La poudre que tu dis n'eft que de la commune,

On n'en fait plus de cas, mais Cliton, j'en fçais une,

Qui rappelle fi-toft des portes du trépas,

Qu'en moins d'un tourne-main on ne s'en fouvient pas.

Quiconque la fçait faire a de grands avantages.

CLITON

Donnez-m'en le fecret, & je vous fers fans gages.

DORANTE

Je te le donnerois, & tu ferois heureux,

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