ACTE I, SCEXE II. 2V
DORANTE lit.
Au bruit du monde qui vous conduifoit prifonnier, j'ay mis les yeux à la fenefire, & vous ay trouvé de fi bonne mine, que mon cœur ejl allé dans la me/me prifon que vous, & n'en veut point fortifiant que vous y fereç. Je feray mon pojfible pour vous en tirer au plûtojl. Cependant oblige^-moy de vous fervir de ces cent pistoles que je vous envoyé ; vous en pouvez avoir befoin en l'état où vous êtes, & il m'en demeure ajfez d'autres à vojlre fervice.
doraxte continue.
Cette lettre eft fans nom.
CLITOX.
Les mots en font François.
à Lyfe.
Dy-moy, font-ce Louys, ou pistolles de poids?
DORANTE
Tay-toy.
lyse à Dorante.
Pour ma maitrefle il eft de confequence, De vous taire deux jours fon nom, & fa naiftance, Ce fecret trop toft fçeu peut la perdre d'honneur.
DORAXTE.
Je feray cependant aveugle en mon bonheur, Et d'un û grand bien-fait j'ignoreray la fource?
c lit on à Dorante.
Curiofité bas, prenons toujours la bourfe, Souvent c'eft perdre tout, que vouloir tout fçavoir.
ltse à Dorante.
Puis-je la luy donner?
c lit ON à Lyfe.
Donne, j'ay tout pouvoir, Quand mefme ce feroit le trefor de Venife.
DORANTE
Tout-beau, tout-beau, Cliton, il nous faut....
CLITON
Lafeher prife ?
Quoy, c'eft ainfi, Monfieur....
DORANTE
Parleras-tu toujours?
CLITON
Et voulez- vous du Ciel renvoyer le fecours?
DORANTE
Accepter de l'argent porte en foy quelque honte.
CLITON
Je m'en charge pour vous, & la prens pour mon conte.