SCENE IV
Vous en pouvez avoir, & ne les pas connoiftre. Ce n'eft pas que je veuille entrer dans vos fecrets, Mais nous nous tiendrons loin, en confidens discrets. J'ay du loifir aflez.
PHILISTE
Si l'heure ne vous prefle, Vous fçaurez mon fecret touchant cette Maîtrefle. Elle demeure, amy, dans ce grand pavillon.
cl it on bas.
Tout fe prépare mal à cet échantillon.
DORANTE
Eft-ce où je penfe voir un linge qui voltige?
PHILISTE
Justement.
Elle eft belle?
PHILISTE
Aflez.
DORANTE
Et vous oblige ?
PHILISTE
Je ne çaurois encor, s'il faut tout avouer,
Ny m'en plaindre beaucoup, ny beaucoup m'en louer.
Son accueil n'eft pour moy, ny trop doux, ny trop rudf
Il eft, & fans faveur, & fans ingratitude,
Et je la voy toujours dedans un certain point,
Qui ne me chaffe pas, & ne l'engage point,
Mais je me trompe fort, ou fa feneftre s'ouvre.
DORANTE
Je me trompe moy-mefme, ou quelqu'un s'y découvre
PHILISTE
J'avance, approchez-vous, mais fans fuivre mes pas, Et prenez un détour qui ne vous montre pas, Vous jugerez quel fruit je puis espérer d'elle; Pour Cliton, il peut faire icy la fentinelle.
dorante parlant à Cliton, après que Pbîliste s'ejl éloigne.
Que me vient-il de dire, & qu'eft-ce que je voy? Cliton, fans doute il aime en mefme lieu que moy, O Ciel ! que mon bonheur eft de peu de durée.
S'il prend l'occafion qui vous eft préparée,
Vous pouvez disputer avec voftre valet
A qui mieux de vous deux gardera le mulet.
DORANTE
Que de confufion, & de trouble en mon amel