‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 76 sur 277 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

ALCIPPE

Quand je te veux parler ton père va descendre, Il t'en fouvient alors, le tour eft excellent: Mais pour pafler la nuit auprès de ton galand...

CLARICE

Alcippe, étes-vous fol ?

ALCIPPE

Je n'ay plus lieu de l'eftre, A prefent que le Ciel me fait te mieux connoiftre. Ouy, pour paffer la nuit en dances & festin, Eftre avec ton galand du foir jusqu'au matin, (Je ne parle que d'hier), tu n'as point lors de père.

CLARICE

Refvez-vous? raillez-vous? «Se quel eft ce mystère?

ALCIPPE

Ce mystère eft nouveau, mais non pas fort fecret. Choifis une autre fois un Amant plus discret, Luy-mefme il m'a tout dit.

CLARICE

Qui, lu3r-mefme?

ALCIPPE

Dorante.

CLARICE

ALCIPPE

Continue, & fay bien l'ignorante.

CLARICE

Si je le vy jamais, & fi je le connoy...

ALCIPPE

Ne viens-je pas de voir fon père avecque toy? Tu pattes, infidelle, ame ingrate & légère, La nuit avec le fils, le jour avec le pérel

CLARICE

Son père de vieux temps eft grand amy du mien.

ALCIPPE

Cette vieille amitié faifoit voftre entretien? Tu te fens convaincue, & tu m'ofes répondre ! Te faut-il quelque chofe encor pour te confondre ?

CLARICE

Alcippe, fi je fçay quel vifage a le fils...

ALCIPPE

La nuit étoit fort noire, alors que tu le vis. Il ne t'a pas donné quatre chœurs de Mufique, Une collation fuperbe, & magnifique, Six fervices de rang, douze plats à chacun, Son entretien alors t'étoit fort importun? Quand fes feux d'artifice éclairoient le rivage, Tu n'eus pas le loifir de le voir au vifage,

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