‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 149 sur 254 · ACTE II, SCEXE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCEXE II

CIXXA.

On en fort lafchement fi la vertu n'agit.

Jamais la liberté ne ceffe d'eftre aimable,

Et c'eft toujours pour Rome un bien inestimable.

Ce ne peut eftre un bien qu'elle daigne estimer Quand il vient d'une main laffe de l'opprimer. Elle a le cœur trop bon pour fe voir avec joye Le rebut du Tyran dont elle fut la prove, Et tout ce que la gloire a de vrais partifans Le hait trop puifTamment, pour aimer fes prefens.

MAXIME

Donc pour vous .Emilie eft un objet de haine?

CIXXA.

La recevoir de luy me feroit une gefne, Mais quand j'auray vengé Rome des maux foufFerts, Je fçauray le braver jusque dans les Enfers. Ouy, quand par fon trépas je l'auray méritée-, Je veux joindre à fa main ma main enfanglantée, L'époufer fur fa cendre, & qu'après noflre effort Les prefens du Tyran foient le prix de fa mort.

MAXIME

Mais l'apparence, amy, que vous puimez luy plaire,

Teint du fang de celuy qu'elle aime comme un père? Car vous n'êtes pas homme à la violenter.

Amy, dans ce Palais on peut nous écouter, Et nous parlons peut-eftre avec trop d'imprudence Dans un lieu fi mal-propre à noftre confidence. Sortons, qu'en feureté j'examine avec vous Pour en venir à bout les moyens les plus doux.

Fin du fécond Aâe.

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