‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 153 sur 254 · SCENE IL CINNA, MAXIME · texte numérisé non relu

SCENE IL CINNA, MAXIME

MAXIMT.

Vous me femblez penfif.

CIXN'A.

Ce n'eft pas fans fujet.

MAXIME

Puis-je d'un tel chagrin fçavoir quel eft l'objet?

.Emilie, <Sc Céfar. L'un & l'autre me gefne, L'un me femble trop bon, l'autre trop inhumaine. Pleuft aux Dieux que Céfar employaft mieux fes foins, Et s'en fift plus aimer, ou m'aimaft un peu moins, Que fa bonté touchaft la beauté qui me charme, Et la pûft adoucir, comme elle me défarme. Je fens au fond du cœur mille remords cuifants Qui rendent à mes yeux tous fes bien-faits prefens : Cette faveur fi pleine, & fi mal reconnue, Par un mortel reproche à tous momens me tuë. Il me femble fur tout inceflamment le voir Dépofer en nos mains fon abfolu pouvoir, Ecouter nos avis, m'applaudir, & me dire ; China, par vos cou/cils je retiendra)! V Empire j Mais je le retiendray pour vous en faire pari. Et je puis dans fon fein enfoncer un poignard ! AU plûtoft... Mais hélas! j'idolâtre .Emilie, Un ferment exécrable à fi haine me lie, L'horreur qu'elle a de luy me le rend odieux, Des deux coftez j'offence, & ma gloire, & les Dieux, Je deviens facrilége, ou je fuis parricide, Et vers l'un, ou vers l'autre il faut eftre perfide.

Vous n'aviez point tantoft ces agitations, Vous paroilïiez plus ferme en vos intentions, Vous ne fentiez au cœur, ny remords, ny reproche.

ci XX A.

On ne les fent auffi que quand le coup approche,

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