acte v, se ex r. ii
Je l'attaquay par là, par là je pris fon ame, Dans mon peu de mérite elle me négligeoit, Et ne pût négliger le bras qui la vengeoit, Elle n'a conspiré que par mon artifice, J'en fuis le feul autheur, elle n'eft que complice.
Cinna, qu'ofes-tu dire? eft-ce là me chérir,
Que de m'ofter l'honneur, quand il me faut mourir?
CINNA
Mourez, mais en mourant ne fouillez point ma gloire.
.ÏMILIE.
La mienne fe flétrit, fi Céfar te veut croire.
Et la mienne fe perd, fi vous tirez à vous Toute celle qui fuit de fi généreux coups.
Et bien, prens-en ta part, & me laiffe la mienne, Ce feroit l'afFoiblir que d'afFoiblir la tienne, La gloire & le plaifir, la honte & les tourmens, Tout doit eftre commun entre de vrais Amants.
Xos deux âmes, Seigneur, font deux âmes Romaines, Unifiant nos defirs, nous unifmes nos haines, De nos parens perdus le vif refientiment Nous apprit nos devoirs en un mefme moment, En ce noble defiein nos cœurs fe rencontrèrent, Nos esprits généreux enfemble le formèrent,
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Enfemble nous cherchons l'honneur d'un beau trépas, Vous vouliez nous unir, ne nous féparez pas.
AUGUSTE
Ouy, je vous uniray, couple ingrat & perfide, Et plus mon ennemy qu'Antoine ny Lépide, Ouy, je vous uniray puisque vous le voulez; Il faut bien fatisfaire aux feux dont vous bruflez, Et que tout l'Univers fçachant ce qui m'anime, S'étonne du fupplice aufii-bien que du crime. •