‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 210 sur 254 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

POLYEUCTE, NEARQ.UE.

NEARQ.UE.

Où penfez-vous aller ?

Au Temple, où l'on m'appelle.

NÊÀRQ.UE.

Quoy ?vous méfier aux vœux d'une troupe infidelle? Oubliez-vous déjà que vous êtes Chrétien?

POLYEUCTE

Vous par qui je le fuis, vous en fouvient-il bien?

NEARQUE.

J'abhorre les faux Dieux.

POLYEUCTE

Et moy, je les déteste.

NEARQUE.

Je tiens leur culte impie.

402 l'OLYEUCTH.

POLYEUCTE

Et je le tiens funeste.

NEARQUE.

Fuyez-donc leurs Autels.

POLYEUCTE

Je les veux renverfer, Et mourir dans leur Temple, ou les y terraffer.

Allons, mon cher Néarque, allons aux yeux des hommes Braver l'Idolâtrie, & montrer qui nous fommes; Ceft l'attente du Ciel, il nous la faut remplir, Je viens de le promettre, & je vay l'accomplir. Je rends grâces au Dieu que tu m'as fait connoiftre De cette occafion qu'il a fi-toft fait naiftre, Où déjà fa bonté prefte à me couronner Daigne éprouver la Foy qu'il vient de me donner.

NEARQUE.

Ce zélé eft trop ardent, louffrez qu'il fe modère.

PO LYE'JCTE.

On n'en peut avoir trop pour le Dieu qu'on révère.

NEARQUE.

Vous trouverez la mort.

POLYEUCTE

Je la cherche pour luy.

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