‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 25 sur 254 · L'INFANTE, LEONOR · texte numérisé non relu

L'INFANTE, LEONOR

l'infante.

Hélas! que dans l'esprit je fens d'inquiétude I

Je pleure fes malheurs, fon Amant me ravit,

Mon repos m'abandonne, & ma flame revit.

Ce qui va féparer Rodrigue de Chiméne

Fait renaiftre à la fois mon espoir & ma peine,

Et leur divifion que je vois à regret

Dans mon esprit charmé jette un plaifir fecret.

Cette haute vertu qui régne dans voftre ame Se rend-elle fi-toft à cette lafche flame?

Ne la nomme point lafche, à prefent que chez mo Pompeufe & triomphante elle me fait la loy, Porte-luy du respecl puisqu'elle m'eft fi chère ; Ma vertu la combat, mais malgré moy j'espère, Et d'un fi fol espoir mon cœur mal défendu Vole après un Amant que Chiméne a perdu.

Vous laiffez choir ainfi ce glorieux courage, Et la raifon chez vous perd ainfi fon ufage?

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