‹ Théâtre de P. CorneilleChapitre 49 sur 254 · III · texte numérisé non relu

III

Pour avoir foin de luy faut-il que je m'oublie? On le vante, on le loue, & mon cœur y confent! Mon honneur eft muet, mon devoir impuiïïant! Silence, mon amour, laide agir ma colère : S'il a vaincu deux Rois, il a tué mon père, Ces tristes vétemens où je ly mon malheur Sont les premiers effets qu'ait produit fa valeur, Et quoy qu'on die ailleurs d'un cœur fi magnanime, Icy tous les objets me parlent de fon crime.

Vous qui rendez la force à mes reifentimens, Voiles, crefpes, habits, lugubres ornemens, Pompe que me prescrit fa première victoire, Contre ma pafîïon foûtenez bien ma gloire, Et lors que mon amour prendra trop de pouvoir, Parlez à mon esprit de mon triste devoir, Attaquez fans rien craindre une main triomphante.

ELVIRE

Modérez ces transports, voicy venir l'Infante.

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