‹ Théatre de PicardChapitre 148 sur 406 · GRAF · texte numérisé non relu

GRAF

En effet... C'est juste.

DUHVILLE.

Je vous sais gré de votre zèle, mon ami.,, mais puisqu'il déplaît à ces messieurs, (a. Ledoux) Lisez, je vous prie, monsieur, l'acte que vous avez rédigé.

LEDOUX

C'est un simple projet. (Lisant.) « Par-devant les no- » laires publics, etc. L'acte définitif sera par devant, no- » laire. Furent présents Antoine Durville, d'une part, » et... tels et tels... vos noms, prénoms et qualités, etc., » tous créanciers dudit Durville, d'autre part; lequel » Antoine Durville a exposé à sesdits créanciers, que des » spéculations malheureuses, des pertes multipliées et » imprévues avaient été précédemment supportées par » lui avec courage et ré.signation, et qu'il avait vu s'é- » vanouir sans se j)]aindre plus de la moitié de sa » fortune.

MARASCHIXI.

Et si vous aviez perdu la moitié de votre fortune, pourquoi donniez-vous des fêtes?

180 DUHAUTC()URS.

DUHAUTCOURS.

C'est slj'le de notaire, mon cher Marascliini ; n'interrompez donc pas.

LEDOUÏ, conlinuant.

» Mais que, primo les divers intérêts qu'il avait sur » différents corsaires, se trouvant anéantis par la prise » desdits corsaires.

FIAMMESCHI.

Oui, style corsaire.

LEDOUX, continuant.

» Secundo plusieurs faillites qu'il vient d'éprouver coup » sur coup sur les places de Vienne, Hambourg, Cadix, » et autres villes commerçantes de l'Europe, lui ayant » enlevé le reste de ses moyens, il se voit réduit àrécla- » mer l'indulgence de ses créanciers.

FRANVAL

Un moment, je demande...

LEDOUX, continuant.

» En conséquence...

FRANVAL

C'est tout simple, des corsaires, des faillites, des malheurs, c'est le protocole ordinaire de tous les actes de cette sorte ; on en déguise les phrases, mais le fond est toujours le même.

DUHAUTGOURS.

Il est incroyable que l'on interrompe ainsi un officier public: je réclame, moi, la continuation de la lecture.

FR^VXVAL.

Ne vous fâchez pas, honnête homme; je demande seulement où sont les titres, les preuves, 4es pièces justificatives de toutes ces allégations?

FIAMMESCHI.

Voilà ce que c'est; il parle bien: et que me fout à moi

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