‹ Théatre de PicardChapitre 166 sur 406 · DURVILLE, MADAME DURVILLE, MADEMOI- SELLE DELORME, FRANVAL · texte numérisé non relu

DURVILLE, MADAME DURVILLE, MADEMOI- SELLE DELORME, FRANVAL

DURVILLE

Monsieur, je suis bien aise de vous voir.

FRANVAL

Tant mieux, c'e&l bon signe. C'est M'"^ Durville. On

ûO'l bu H A LICOU as

m'a fait voire éloge, madame; et j'ai besoin de voli'e appui pour décider M. Durville à se conduire comme il le doit. Il est à peu près prouvé que, malgré vos corsaires, vos créanciers irlandais et votre sourd qui entend si bien les vérités qu'on lui dit, vos malheurs ne sont pas aussi grands que vous voudriez le faire croire.

DURVILLE

Monsieui'.

FRANVAL

Il en coûte de s'avouer ces choses-là à soi-même ; il doit en coûter bien plus de les avouer à d'autres ; mais nous sommes seuls : votre femme, M"" Delorme, qui prend le plus vif intérêt à votre famille, et moi, qui ne demande pas mieux que de vous rendre mon estime... Le moment est favorable, si vous le laissez échapper, vous êtes perdu, vous voilà condamné à passer pour le complice de Duhautcours. Chassez ce perfide conseiller; déclarez que vos payements sont ouverts, annulez ce projet de transaction qui n'a pas le sens commun. Alors je me charge d'arranger votre affaire avec vos créanciers ; vous recouvrez leur estime, et vous pourrez regarder eu face les fripons, et saluer les honnêtes gens sans les obliger à détourner la tête.

MADAME DURVILLE

Eli ! quoi ! monsieur, pouvez-vous soupçonner mon mari ?

PRANVAL.

Oui, madame, ce Duhautcours a porté M. Durville à des choses qu'il n'aurait pas dû faire. Quand il n'y aurait que cette séparation de biens entre vous

MADAME DURVILLE

Eh bien, monsieur, pérmeltez-moi de profiter de cette séparation que vous nous reprochez peut-être avec justice. Je me charae de toutes les dettes de mon mari;

ACTR V, SCENE X. -203

soyez mon interprète auprès de tous ses créanciers. Je vous confie ce portefeuille de huit cent mille francs.

FRAHVAL.

Que dites-vous, madame? Expliquez-moi...

DURVILLE, vivement.

Acceptez, monsieur, le dépôt qu'elle vous offre.

FRANVAL

Je vous entends ; c'est ce Duliautcours qui vous entraînait. Je ne m'étais pas trompé, et sans doute le traître ne s'est pas oublié.

DURVILLE

J'ai eu la faiblesse de lui donner un titre de soixante mille francs.

FRANVAL

Je l'avais prévu... Soixante mille francs ! c'est beaucoup!

DURVILLE

Trop heureux encore de me délivrer à ce prix de ce misérable.

FRANVAL, lui prenant la main.

Bien! j'aime à vous voir dans ces sentiments. Ne perdez pas courage, pourtant.

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