ACTE I, SCÈNE I
Dieu merci, car nous n'aurions pas le moyen d'avoir des dispenses; une de mes élèves. C'est moi qui lui ai montré à lire et à écrire, en ma qualité de maître d"école. Toute petite, je la distinguais de ses compagnes; je la distingue bien davantage depuis qu'elle a grandi; elle m'adore, je l'aime
GASPABD,
Et tu vas l'épouser? Parbleu, voilà une nouvelle que prolongera mon séjour dans ce pays. Je veux être de la noce.
MARCELIN
J'allais t'en prier. J'ai fait la demande au père hier au soir, il doit me rendre réponse ce matin. C'est un bon homme, Pierre Delorme, le jardinier du château. La petite fille est filleule de M. Dorvilé, propriétaire dudit château, pauvre riche qui ne se trouve pas assez opulent, et qui joue perpétuellement sa fortune pour l'augmenter encore. Tu entends bien que le père Delorme doit se trouver .très-honoré de la recherche d'un homme de lettres, et puis il n'est pas plus riche que moi. Eh bien, je te réponds que malgré mon
amour, s'il me refusait je souffrirais, mais sans
faiblesse, héroïquement. En fait de caractère, soit dit sans vanité, car je déteste l'orgueil, je ne m'estime inférieur à aucun personnage de l'antiquité.
GASPARD
Je t'en fais mon compliment.
Établi dans cette petite boutique, à l'entrée du parc de M. Dorvilé, qui ne peut pas me chasser^parce que c'est un droit de la commune, je jouis de la beauté du parc encore mieux que le propriétaire, je coule mes jours sans ambition, sans murmure, sans envie.., Ali! voici Georcette.
iU LES MArilnNNETTTES.