ACTE II, SCÈNE V
vre petite! Elle n'est pas malheureuse; savez -vous qu'en moins de rien je suis devenu un assez bon parti.
MADAME DE SAINT-PHAR
En effet, combien de femmes aussi jolies et plus intéressantes peut-être, ..-
MARCELIN
Tantôt vous me trouviez trop pauvre ; si maintenant je me trouvais trop riche, moi.
DORVILÉ.
Il est certain que vous pourriez prétendre... (a sa sœur.) Une nouvelle idée qui me germe dans la tête, ma sœur.
MADAME DE SAINT-PHAR, àsonlVére.
Oui, quelque folie, songez à la vente.
MARCELIN
Mais elle m'adore... Et moi... Ah! çà, monsieur Léonard, quel emploi faisons-nous de nos fonds? voilà l'important.
C'est précisément de quoi nous nous entretenions. M. DOrvilé se trouve forcé par les circonstances...
MARCELIN
Aurait-il quelque chose à vendre 1
LÉONARD
M.\RCELIN.
DORVILÉ.
MARCELIN
Son château.
Je l'achète.
Vraiment?
Sur-le-champ.
MADAME DE SAINT-PHAR
C'est charmant.
MARCELIN
Fixez le prix, je n'y regarderai pas.
-Ibii LES MARIONNETTES.
DORVILÉ.
Ah! monsieur...
MARGELIX.
Eh ! non, cela me convient, cela vous oblige, et je suis trop heureux... Le château, les meubles, le carrosse, les chevaux, les laquais, j'achète tout, moi. Cela m'épargnera la peine de me monter une maison.
Vous achetez tout ! Ah ! monsieur, qu'il est doux de voir la fortune passer entre les mains d'un homme aussi franc, aussi vif, aussi rond en affaires ; ma foi, votre eaieté me gagne et me console. C'est convenu, vous voilà le maître, je vous cède tout; sauf la femme de chambre de ma sœur et mon petit jokey, mes gens sont à vous : d'excellents sujets.
MARCELIN
A qui le dites-vous? Ne les connais-je pas tous? C'est cela, père Dorvilé; traitons l'affaire gaiement. Je prends votre château ; voulez-vous ma boutique?
DORVILÉ,
Ah, nionsieur ! quelle épigramme !
MARCELIN
Eh! non, c'est sans mauvaise intention, une plaisante-' fie. Nô vous reste-t-il pas des ressources? Si je peux vous servir, comptez sur moi. En attendant, monsieur Léonard, eh! vite un bon acte de vente.
LÉONARD
A vos ordres, monsieur. M, Dorvilé a payé la terre cent mille francs, il y a quelques années; pour les meubles, les embellissements, le renchérissement progressif...
DORVILÉ.
Soixante mille francs, est-ce trop?