ACTE III, ^CL.NL: IV
MADAME DE SAINT-PHAR
Oui, VOUS êtes un habile homme, mon frère; je ne dissimulerai pas avec vous. Vous savez que l'intérêt a peu d"empire sur moi ; je l'ai bien prouvé en épousant ce pauvre M. de Saint-Phar. Ce n'est donc pas la fortune de Marcelin qui pourrait me décider ; vraiment, cet homme-là gagne à se faire connaître.
DORVILÉ.
Quand je vous l'ai dit : c'est un homme charmant, avec lequel vous serez parfaitement heureuse ; mais il faut voir..., il faut parler... Il y a à craindre...
MADAME DE SAlMT-PHa.R.
Quoi donc! la sœur de ce Valberg? Elle est encore moins redoutable que la fille du jardinier ; une provinciale bien gauche, bien ridicule...
DORVILÉ.
Tandis que vous, jeune et élégante parisienne... Mais faites donc valoir vos avantages, déployez votre esprit, éblouissez-le de votre ton, de vos manières, de vos grâces,
MADAME DE SAINT-PHAR
Vous seriez un excellent maître de coquetterie, mou frère. Non, je ne ferai pas de démarches auprès de lui, mais je l'amènerai à en faire auprès de moi.
Le temps nous presse : sa petite paysanne ne va pas manquer de venir le chercher.
MADAME DE SAINT-PHAR
Eh ! mon Dieu ! n'avez-vous pas remarque comme les vapeurs d'ambition lui ont monté subitement la tête.
DORVILÉ.
C'est vrai. Il a déjà ce ton tranchant, cet air content de lui-même, qu'on m'a reproché, que je n'ai jamais eu,
que j'aurai moins que jamais, parce qu'enfin je suis un bon homme, moi. Au reste, nous emmenons Marcelin à Paris; et là, ma foi... Ali! je l'entends.