ACTE III, SCÈNE VIII
GÉLESTINE.
Quel ton!
DELORME
C'est M. Léonard qui vous apporte à signer votre contrat de mariage avec ma fille.
MARCELIN
Ail! fort bien, mon contrat de mariage.
LÉONARD
Vous voyez avec quel zèle je m'occupe de tous vos intérêts, monsieur.
DORVILÉ.
En effet, c'est montrer un grand zèle, monsieur Léonard.
LÉONARD
En puis-je avoir trop pour M.Marcelin? I
VALBERG
Non, sans doute; et comme son ami, c'est du fond du cœur que je vous remercie; mais quelquefois le zèle nous emporte, et permettez-moi de vous dire que vous vous êtes un peu pressé.
GEORGETTE
Gomment, pressé?
VALBERG
Oui, vous devez sentir que le mariage ne peut avoir lieu aussi promptement.
DELORME
Pourquoi donc cela?
GEORGETTE
Eh! mais, dites donc à ce monsieur qu'il se trojnpe mon cousin.
MARCELIN
Moi... Mais en elTel... Je crois... Je crains... Il faudrait savoir les motifs...
^88 LES MAHIONNETTES.
GEORGETTE
Eh quels motifs pourrait-il y avoir?
VALBERG
Oh ! ne vous désolez pas, ma belle enfant ; tenez, le cher papa entendra raison mieux que vous.
DELORME
Moi, monsieur; mais je ne vois pas...
VALBERG
D'abord, M. Marcelin aime toujours votre fille, n'est-ce pas ?
MARCELIN
Oh! oui. >A priii.) Ma foi, ce n'est pas mentir.
DELORME
C'est quelque chose.
Mais, au milieu des embarras d'une succession...
MARCELIN
C'est vrai.
MADAME DE SAINT-PHAR
Qui nécessairement entraîne à sa suite des longueurs, des procès...
MARCELIN
C'est juste.
VALBERG
Et puis, il est en deuil.
GEORGETTEi
D'un cousin.
VALBERG
D'un bienfaiteur.
MADAME DE SAINT-PIIARi
La décence permet-elle"?..,
GÉLESTINE.
Non, la décence ne pernlet pas...
Al, 11-, lil, xhM. \ lii, :28y
DURVILi:.
Eutin nous l'emiiienous ;i Paris.
CÉLESTINK.
(Jui, nous allons à Paris.
GEORGETIK.
Comment, vous uTabamlonnez?
MARCELIN
Eh! non. pas du tout, je reviendrai, ou ])lutôt v<ju< viendrez nous rejoindre.
VALBERG
Voilà ce que c'est: la noce à Paris. Les i:ens riches ne peuvent pas se marier brusquement comme ceux qui n'ont rien; il faut du faste, de l'éclat. ..
GEORGETTE
Pourquoi ne m'avez-vous pas épousée avant d'être riche ?
MARCELIN, :i |.nii.
Ma loi, oui, c'est dommage.
DELORME
Mais pourquoi ne pas nous emmener avec toi?
NLVRCELIN.
Kh! mon Dieu, je le voudrais;... mais, le puis-je?... M. Dorvilé, sa sœur; et puis M. Valbertr et sa sœur.
GHLESTINE.
Oui, la voilure est complète,
VALBERG
Allons, mon cher Marcelin, voilà votre aimable cousine et son honnête homme de père qui sont raisonnables, qui sentent Timportiince des motifs... Pensons aux affaires do la succession. N'avez-vous pas de compte à réirler avec monsieur le notaire?
~2W LKS MAHIUNNEITES.
MARCELIN
Oui, vraiment.
LÉONARD
Mon confrère de Paris vous altend au château, avec les titres et le portefeuille.
MARCELIN
Ehl que ne le disiez-vous donc? J'y cours, j'ai de l'argent à vous compter, monsieur Dorvilé.
DORVILÉ.
Je suis prêt à le recevoir, monsieur Marcelin.
GEORGETTE
Eh bien, vous mo laissez, vous ne me dites rien.
MARCELIN
Pardon, ma chère cousine, je ne partirai pas sans vous dire adieu, (a part.) Pauvre Georgette, elle me fait de la peine. Croyez... Je ne sais ce que je dis. Je vais trouver le notaire, fii son.)