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ACTE IV. SCtNF. IV. :Wl

Non: c'est tout ce quil me faut pour un ceilain pi'Ojel de spectacle.

MARCELIN

Fi donc! vas-tu encore t'occuper de ces misères. Tu es fait pour mieux que cela. Tiens, je pars ce soir pour Paris, viens avec moi ; tu as de l'esprit, de la littérature : je te prônerai, je te servirai, je te pousserai. Eh bien , suis-je une girouette, tournant selon le vent des circonstances?

(JASP.VHD.

Brave et généreux ^larcelin, riche et si digne de l'être ! oui, je pars avec toi: je te ferai connaître ma femme, ma tille : tu seras leur bienfaiteur.

MARCELIN

Point du tout; je serai leur ami, vou^ serez les miens.

GASPARD

Toujours. Eh ! que ces amis sont préférables à tous ceux qui vont te tomber des nues !

MARCELIN

Ils sont déjà arrivés, (lomme je te le disais, j'en ai, des nouveaux amis; M. Uorvilé, l'ancien propriétaire du château : il me dédaignait ce matin, il ne tient qu'a moi de le protéger maintenant; M. Valberg, hier complaisant-pour M. Dorvilé, et le mien aujourd'hui; leurs deux sœurs, charmantes femmes, ma foi. J'ai deviné leurs intentions; on me fait la cour comme à une jolie fille, mon ami. Coquettes de Paris, coquettes de province, coquettes de village : madame de Saint-Phar, mademoiselle Gélestine, Georgelte, c'est à qui m'épousera.

GASPARD

A propos, je suis rliargé de te i)arler..

»)i LKS MAI!lO.\M,TrK->.

MARCELIN

De qui donc?

GASPARD

Tu ne devines pas?

MARCELIN

De Georgelte, peut-être.

Mou Dieu I oui, je l'ai vue.

MARCELIN

Ah! tu l'as vue. Pauvre Georgette! Eh bien?

GASPARD

Eh bien, mon ami. je te. dirai quelle est bien chagrine.

MARCELIN

Je le crois. Sais-tu que je suis fort embarrassé, moi; car enfin... Que me conseilles-tu?

GASPARD

Eh mais, si tu veux que je te parle franchement,.. Qu'en dis-tu. lui?

MARCELIN

D'abord, il est certain que tout autre h ma place... N'est-ce pas?

GASPARD

Oh! oui: mais cependant.,. Elle t'aime bien.

MARCELIN

C'est vrai ; aussi mon intention n'est-elle pas de l'abandonner. Quand il n'aurait pas été question d'amour entre nous, c'est ma parente, je ne l'oublierai pas.

GASP.VRD.

Je vois avec plaisir que tu songes à lui l'aire du bien.

C'est mn devoir! mais on prétend que je peux trouver un très-erand mariai^re.

ACTH IV, SCKXE IV. 303

GASPARD

Oui; mais...

MARCELIN

Je suis riclie ; mais avec les sentiments que je me glorifie d'avoir, serait-ce un si grand malheur de Tèlre encore davantage ?

GASPARD

Non, sans doute. Cependant...

MARCELIN'

Ce sont ces nouveaux amis qui se disputaient entre eux, et qui se sont réunis pour me faire sentir que Georgette... D'ailleurs je ne suis pas si âgé; et pourquoi me presserais-je de me marier? Riche et garçon, qui m'empêche de mener une vie délicieuse?

GASPARD

Il est sûr qu'on est toujours assez tôt en ménage.

MARCELIN

En confidence, ces deux dames dont je te parlais tout à l'heure..., je réponds à leurs agaceries: c'est fort bien, elles valent bien la peine qu'on s'intéresse à elles ; mais on s'abuse furieusement si l'on croit que je songe au mariage.

GASPARD

Ah ! fripon !

Oh! je ne dis pas... Les mœurs avant tout. Pour Georgette" que j'aime, que je regrette, que je respecte... eh bien, il faut que ce soit loi qui lui fasse entendre...

GASPARD

Moi!

MARCELIN

Non, je lui écrirai; oh! je ferai tout pour elle.

GASPARD

Allons, le père n'aura pas à se plaindre.

30i ILS MAHIONNKTTKS.

MARCELIN

(^oimueul duuc? mais je veux qu'il soit fort à son aise? et moi, ma foi, je jouirai de ma jeunesse, et dans quelques années nous verrons à nous marier.

G.\SPARD.

(l'est cela dans quelques années: qui sait si à cette t'poqueje ne pourrai pas te procurer un trésor, moi.

MARCELIN

Vraiment?

GASPARD

Ma petite lille promet d'être charmante,

MARCELIN

Comment, la petite fille?

Dans six ans, elle en aura seize.

MARCELIN

Laissons-la grandir, mon cher ami. Mais les notaires sont encore là à griffonner je ne sais quel papier qu'il faut que je signe; nous partons dans une heure. En attendant, veux-tu voir toutes mes acquisitions, mes meubles, mes acajous, mon jardin anglais, mon parc ? veux-tu que je te présente à ma société?

GASPARD

l'a moment; puis-je vêtu comme je le suis... ?

MARCELIN

Allons donc, suis-je mieux mis que toi? n'es-tu pas mon ami? tant pis pour ceux ou celles qui ne te trouveraient pas bien. Tiens, voici une de mes conquêtes, mademoiselle (^élestine, la coquette de province.

GASPARD

Ell>' est tort iivntille.

Acir. IV. sckm: v. ju:.

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