‹ Théatre de PicardChapitre 279 sur 406 · ACTE I, SCÈNE VIIF · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIIF

CLA.IRVILLE

Il n'est pas chez lui.

DUPARG.

Je n'ai pas le temps d'attendre. Je vais mettre une carte à sa porte.

CLAIRVILLE

Voulez-vous me la donner ? Je m'en charge.

DUPARG, remettant la carte à Clairville.

Aurez-vous cette complaisance ?

MADAME DERVIGNY

Et vous nous répondez de tout ce que vous venez d'avancer sur son compte.

CLAIRVILLE

Un moment.... Je ne voudrais pas.... (comme se décidant.) Eh bien! oui. Allons, malgré tous mes scrupules, me voilà lancé dans une négociation de mariage. C'est la première fois.... Je me trompe; j'ai été pour quelque chose dans celui de la petite Ernestine Dercour, qui plaide aujourd'hui en séparation: mais ici, j'espère qu'il n'en sera pas de même. Cependant, comme je ne me soucie pas d'avoir toute la responsabilité.... Vous connaissez M. de Préval, M. Derlange? Interrogez-les, interrogez M. Forlis lui-même.

DUPARG.

Justement, je vais dans le quartier de Forlis. En m'y prenant avec finesse, je saurai si, en effet, il songeait à lui donner sa fille. Et ma foi, si son témoignage et celui des autres s'accordent avec le vôtre,j"aimeà mener les affaires brusquement : c'est le fils d'un ancien ami ; je donne un grand bal ce soir à la campagne ; nous manquons de danseurs. Pourquoi n'inviterais-jc pas ce jeune Philibert?

MADAME DERVIONV.

M. Clairville pourrait se charger de l'amener.

CLAIRVILLE

Impossible : mes courses ne me permettront pas de me mettre en route avant quatre heures.

MADAME DERVIGNV.

Pourquoi ne viendrait-il pas avec M. Pastoureau I II m'a fait dire qu'il avait une place à donner dans son cab.riolet.

CLAIRVILLE

Vous le feriez voyager avec un rival !

MADAME DERVIGNV.

Oh! un rival. Je vous assure que M. Pastoureau me paraît encore bien moins ce qu'il nous faut, depuis que vous m'avez parlé de votre aimable jeune homme.

DUPARC

Convenons de nos faits, (a madame Dervigny.) Vous allez partir avec ma tille et Marianne dans la calèche ; moi je prends le cabriolet; je vais chezForlis; je m'informe du jeune homme; si les réponses sont favorables, je lui écris de chez Forlis même un petit billet d'invitation que Joseph vient lui apporter ici, tandis que je termine mes autres alTaires. Le jeune homme part avec le cousin Pastoureau ; et l'ami Clairville vient nous joindre le plus tôt qu'il pourra.

MADAME DERVIGNY

C'est entendu.

Chut! Voici ma lille.

MADAME DERVIGNY

Il ne faut rien dire devant elle.

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