ACTE II, SCÈNE I
MARIANNE
D'un mariage! d'un mariage pour vousl Ah! mademoiselle, une noce! quel plaisir!
SOPHIE
Hélas! sais-je quel est l'homme qu'ils me destinent? Quelquefois j'ai eu peur que ce ne fut mon cousin Pastoureau.
MARIANNE. cftVayéc.
Ah! mon Dieu!
SOPHIE
Je suis un peu rassurée de ce côté. Mais que voulait dire ma bonne maman, en nous répétant que nous aurions probablement aujourd'hui un convive de plus?
MARIANNE
C'est peut-être le futur,
SOPHIE
Le futur! Ah! ma bonne Marianne, si tu savais
c'est que j'ai mes secrets aussi.... Je ne les ai révélés à personne.... Depuis un mois, tm jeune homme...
MARIANNE
Un jeune homme?
SOPHIE
Je ne sais comment il s'y prend, mais nous ne pouvons aller nulle part qu'il ne s'y trouve en même temps que nous. Le premier jour que je le vis... Je m'en souviens, il^avait l'air en extase en nous regardant. Plus d'une fois, il m'a semblé qu'au spectacle il prêtait l'oreille avec soin à notre conversation: et..., te l'avoueraije? jalouse involontairement de m'en l'aire estimer, sachant que j'étais observée, que j'étais écoutée !par ce jeune homme, je mettais encore plus de réserve et de scrupule dans mes actions, dans mes paroles. S'il s'est aperçu que, de mon côté, je cherchais à l'entendre causer avec ses voisins, je ne sais, m^is plus d'une fois
aussi ses discours m'ont toucliée, attendrie; et j'en étais si préoccupée que je me trouvais fort embarrassée le soir, quand ma bonne maman me demandait mon opinion sur la pièce et sur les acteurs.
MARIANNE
Yoilà un petit commerce bien innocent, bien méritoire; il ne sert qu'à vous rendre meilleurs tous les deux. On n'accusera pas votre jeune homme d'être trop entreprenant. Depuis un mois, se borner à vous suivre dans les promenades, au spectacle!
SOPHIE
Oh! sans doute, mais...
MARIANNE
Quoi? mais.
SOPHIE
Ce matin, il est venu rendre une visite à mon père.
MARIANNE
Ah! ah!
SOPPIIE.
Et quand je pense à l'air de mystère de mon père et de ma bonne maman....
» MARIANNE
Est-ce que vous croiriez que le nouveau convive qu'on attend, c'est
SOPHIE
Qui?
MARIANNE
Votre jeune homme?
SOPHIE
Toi-même, qu'en pensos-lu ?
MARIANNE
C'est possible.
SOPHIE
Étonne-loi donc que je sois inquiète!