MA.DAME DERVIGNY, SOPHIE, MARIANNE
MARIANNE
Voilà tout noire monde qui nous arrive ; la cour est déjà pleine de voitures.
MADAME DERVIGNV.
Va faire les honneurs de la maison, ma chère enfanl; tu t'y entends si bien! J'attends ici mon gendre et M. Philibert. Nous en serons contents : il te paraîtra aimable, j'en réponds ; il est impossible que Glairville et tant d'honnêtes gens qui en ont parlé à M. Dupeirc se soient trompés ou se soient entendus pour nous tromper.
SOPHIE
Ah! monsieur Glairville, j'aime à croire pour votre honneur que vous avez d'autres amis qui valent mieux que celui-là. (Elle son.)
MARIANNE
Ma foi, madame, je ne sais pas si ce monsieur Philibert a beaucoup de mérite ailleurs, mais il n'en manque pas au billard, toujours. Je viens de traverser la salle : en un tour de main, il a pris je ne sais combien de points à M. Pastoureau. Et tenez, la partie est finie; le pauvre M. Pastoureau est battu. Voilà monsieur qui vient avec le vainqueur.
MADAME DERVIGNY
Laisse-nous.... Non : je sors avec toi. Je vais recevoir mon monde, et je reviens. L'entretien est d'une grande importance, et je suis bien aise d"avoir tout mon temps
à moi. (Elle sort avec Marianne.)
398 LES DEUX l'HlLlBERT.