DL'BOIS
Ce n'est pas tout, monsieur, voici uno lettre qu'un homme d'assez mauvaise tournure m"a remise pour vous.
DESROCHES
Pour moil de quelle part?
DELII.I.E.
Voyons, lis.
DESROCHES
« J'ai cru remarquer que vous regardiez tendrement « madame Senneville : j'ai déjà donné quelques leçons « aux jeunes étrangers qui se permettaient, en passant « dans notre ville, d'aller sur mes brisées, et l'intérêt « que vous m'avez inspiré ne me permet pas de retarder « plus longtemps celle dont vous avez besoin. Je vous « attends demain au lever du soleil, derrière le petit « rempart; j'ai mon épée et mes pistolets. J'espère que « vous me ferez l'honneur de venir m'y trouver. Fran- « cois Riflard. » — L'impertinent! j'irai certainement, et c'est moi qui lui donnerai, j'espère, une leçon dont il se souviendra. Mais tu conviendras qu'il est bien désagréable d'aller se couper la gorge pour une femme qui me chasse de chez elle.
(Dubois tire un autre papier de sa poche et le présente à Dcsroclies.) DELILLE.
Encore ! et d'où vient celui-là?
DUBOIS
C'est un homme noir qui l'a apporté.
DESROCHES
Voyons. « L'an neuf de la République française. « le, etc. J'ai, Christophe-Hyacinthe deBon-Aloi, huis- '< sier. soussigné, à la requête de demoiselle Augustine- « Catherine, dite Nina Vernon, fille majeure et « nubile... »
DRITI.I.P.
C'est la sommation de M. Vernon.
y-i i.A l'Kirn-: vii.i.i:.
DKSROCHES.
Mais c'est un enfer que celte petite lie.
DELUXE.
C'est l'asile du bunheur et de la vertu.
DESROCHES
Tu n"as plus rien à me remettre.
DUBOIS
Je ("rois qu'en voilà bien assez comme cela.
DESROCHES
Fort bien ; nous voilà dans la rue à présent.
DELILLE
Pourquoi as-tu quitté Paris?
Ah I madame Belmont ! poui'quoi m"avez-vous trahi ?
ni s'assied sur un banc de plenv, et parait plongé dans la mélancolie.] DELILLE, à pari.
A merveille ! Il est à nous.
DUBOIS
Monsieur, voilà Champagne, le valet de votre cousine.
DELILLE
Occupe Desrochcs de ton mieux pour me laisser causer a,VeC lui, (Dubois s'approche de Dcsroclies el l'empèclie de voir Cliainpnftne.)