‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 102 sur 420 · ACTE III, SCÈNE II m · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II m

Et que ce sacrifice, offert par mon devoir. Vous assure la vôtre avec votre pouvoir.

CÉSAR

Vous cherchez, Ptolomée, avecque trop de ruses,

De mauvaises couleurs et de froides excuses. 910

Votre zèle était faux, si seul il redoutait

Ce que le monde entier à pleins vœux souhaitait,

Et s'il vous a donné ces craintes trop subtiles

Qui nrôtent tout le fruit de nos guerres civiles,

Où l'honneur seul m'engage, et que pour terminer 915

Je ne veux que celui de vaincre et pardonner,

Où mes plus dangereux et plus grands adversaires,

Sitôt qu'ils sont vaincus, ne sont plus que mes frères;

Et mon ambition ne va qu'à les forcer,

Ayant dompté leur haine, à vivre et m' embrasser. 920

j'ai fait d'autant plus pour tous que l'action est plus noire. On a déjà signalé une tournure analogue au v/100 de Polyeucte.

Mon sort est plus cruel, plus je l'ai cru propice. (Quinault, Astrate, III, 2.)

Avant Corneille, Lucain avait exprimé la même idée :

Si scclus est, plus te nobis debere fateris, Quod scelus hoc non ipse faeis. (IX, 1031-32.)

909. Var. Votre lâche attentat cherche avec trop de ruses. (1660-64.)

Vaugelas, qui voulait qu'on écrivît toujours avec devant une voyelle, permettai d'écrire avecque devant certaines consonnes. Corneille avait dit, dans un vers célèbre :

Après ne me réponds qu'avecque cette épée {Cid, 857);

mais il employait de préférence avec, et la forme archaïque ne se retrouve plus dans toute la seconde partie de son théâtre.

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