‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 65 sur 420 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

CHARMION

Ainsi donc de César l'amante et l'ennemie...

CLÉOPATRE

Je lui garde ma tlamme exempte dïnfamie, Un cœur digne de lui.

CHARMION

Vous possédez le sien ?

CLÉOPATRE

Je crois le posséder.

CHARMION

Mais le savez-vous bien?

CLÉOPATRE

Apprends qu'une princesse aimant sa renommée, 385

Quand elle dit qu elle aime, est sûre d'être aimée, Et que les plus beaux feux dont son cœur soit épris N'oseraient l'exposer aux hontes d'un mépris.

Notre séjour à Rome enflamma son courage: Là j'eus de son amour le premier témoignage, 390

Et depuis jusqu'ici chaque jour ses courriers M'apportent en tribut ses vœux et ses lauriers.

386. Var. Qnand elle avoue aimer, s'assure d'être aimée. (1GU-1656.) Jamais ne dit qu'elle aime à moins que d'être aimée (1660.) Et. de quelque beau feu que son cœur soit épris, Ne s'expose jamais aux hontes d'un mépris. (1644-1656.)

388. L'Infante, pourtant, dans le Cid, observe Voltaire, et Hermïone dans Andromaque aiment sans être aimées. Tout ce couplet de Cléopàtre est froid, il faut le reconnaître. — Hontes, au pluriel, se retrouvera dans la variante du v. 1646. Corneille aimait ces pluriels des noms abstraits; il dit : les hontes d'un arrêt (Theodose, 997), et, dans Rodogune :

Non, mais vous avez dû garder le souvenir

Des hontes que pour vous j'avais su prévenir. (1310.)

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