Quippe fi.de s si pura foret
Venturum tota Pharium cum classe tyrannum. (Lucain, VIII, B72-74.)
481. Voltaire, qui, dans la Mort de César (I, 4), écrit lui-même : « Ingrat à tes bontés, ingrat à ton amour », blâme la locution ingrat à pour ingrat envers. On
Il soupçonne aussitôt son manquement de foi,
Et se laisse surprendre à quelque peu d'effroi ;
Enfin, voyant nos bords et notre flotte en armes, 46?
ïl condamne en son cœur ces indignes alarmes,
Et réduit tous les soins d'un si pressant ennui
A ne hasarder pas Cornélie avec lui :
« N'exposons, lui dit-il, que cette seule tête
A la réception que l'Egypte m'apprête ; 47C
Et tandis que moi seul j'en courrai le danger,
Songe à prendre la fuite afin de me venger.
Le roi Juba nous garde une foi plus sincère ;
Chez lui tu trouveras et mes fils et ton père ;
en trouve pourtant de nombreux exemples dans le théâtre de Corneille et de Racine :
Si vous n'êtes ingrat à ce cœur qui vous aime... (Rodogune, 1247.) Ingrat à mon ami, perfide à ce que j'aime. (Héraclius, 363.)
Ces mêmes dignités
Ont rendu Bérénice ingrate à vos bontés. (Racine, Bérénice, I, 3.)
L'abbé d'Olivet, dit M. Godefroy, s'autorisant du sentiment de Patru, critiqua ces vers et alla jusqu'à blâmer Vaugelas d'avoir employé des locutions analogues.
463. On dirait aujourd'hui son manque de foi, mais on écrivait alors communément manquement de parole, de foi, etc.
Ainsi j'adore et crains son manquement de foi. (Toison d'or, 1494.)