LE COMTE, D. DIÈGUE
LE COMTE
Enfin vous l'emportez , et la faveur du roi Vous élève en un rang qui n'tHait dû qu'à moi • ; Il vous fait gouverneur du prince de Castille.
D. DIÈCUE.
Cette marque d'honneur qu'il met dans ma famille iMontre à tous qu'il est juste , et (ait connaître assez Qu'il sait récompenser les senices passés.
Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes* : lis peuvent se tromper comme les autres hommes; Et c« choix sert de preuve à tous les courtisans Qu'ils savent mal payer les services présents.
D. DIÈGLE.
Ne parlons plus d'un choix dont votre esprit s'irrite; La faveur l'a pu faire autant que le mérite. Mais on doit ce respect au pouvoir absolu , De n'examiner rien quand un roi l'a voulu. A l'honneur qu'il m'a fait ajoutez-en un autre; Joignons d'un sacré nœud ma maison à la vôtre. Vous n'avez qu'une fille, et moi je n'ai qu'un fils; Leur hymen nous peut rendre à jamais plus qu'amis ; Faites-nous cette grâce, et l'acceptez pour gendre.
LE COMTE
A des partis plus hauts ce beau fils doit prétendre; Et le nouvel éclat de votre dignité
' Aujourd'hui, quand les comc'diens rcpréseuteat cette pièce. Ils commencent par cette scène *. 11 parait qu'Us ont très-grand tort; car peuton s'intéresser à la querelle du comte et de don Uiègue, si on n'est pas Instruit des amours de leurs enfants? L'affront que Gormas fait à don Diègue est un coup de théâtre , quand on espère qu'ils %'ont conclure le mariage de Chiraène avec Rodrigue. Ce n'est point jouer le Cid, c'est Insulter son auteur, que de le tronquer ainsi. On ne devrait pas permettre aux comédiens d'altérer ainsi les ouvrages qu'ils représentent. (V-J
' Cette phrase a vieilli ; elle était fort bonne alors : U est honteux pour l'esprit humain que la même e.vpression soit bonne en un temps et mauvaise en un autre. On dirait aujourd'hui : Tout grands que sont les rois. (Quelque grands que soient les rois, ly.)
' Cest J." P. Rousirau q'ij Et ce clianfnment , et qui supprima le .,)le Ur. l'.u. fante. (P.)