‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 216 sur 386 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Si je voulais faire ici ce que j'ai fait en mes deux derniers ouvrages, et lu donner le texte ou l'abrégé des auteurs dont cette histoire est tirée, afin que lu pusses remarquer en quoi je m'en serais écarté pour l'accommoder au théâtre , je ferais un avantpropos dix fois plus long que mon poSme, et j'aurais à ra|)[)orter des livres entiers de presque tous ceux qui ont écrit l'histoire romaine. Je me contenterai de t'avertir que celui dont je me suis le plus servi a été le poète Lucain , dont la lecture m'a rendu si amoureux de la force de ses pensées et de la majesté de son raisonnement , qu'dlin d'en enrichir notre langue , j'ai fait cet effort pour réduire en poème dramatique ce qu'il a traite en épique. Tu trouveras ici cent ou deux cents vers traduits ou imités de iui'. J'ai tâché de suivre ce grand homme dans le reste, et de prendre son caractère quand son exemple m'a manqué : si je suis demeuré bien loin derrière , tu en jugeras. Cependant j'ai cru ne te déplaire pas de te donner ici trois passages qui ne viennent pas mal à mon sujet. Le premier est un épitaphe^ de Pompée, prononcé par Caton dans Lucain. Les deux autres sont deux peintures de Pompée et de César, tirées de Velleius Palerculus. Je les laisse en latin, de peur que ma traduction u'ote trop de leur grâce et de leur force. Les dames se les feront expliquer.

Page 1