‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 30 sur 386 · D. RODRIGUE, ELVIRE · texte numérisé non relu

D. RODRIGUE, ELVIRE

EL\IRE

Rodrigue, qu'as-tu fait? où viens-tu , misérable?

D. RODRIGCE.

Suivre le triste cours de mon sort déplorable.

ELVIRE

Oii prends-tu cette auilace et ce nouvel orgueil De paraître en des lieux que tu remplis de deuil? Quoi ! viens-tu jusqu'ici braver l'ombre du comte* Ne l'as tu pas tué?

D. nODIUCLE.

Sa vie était ma honte ; .Mon honneur de ma main a voulu cet effoi t.

ELVIRE

Mais chercher ton asile en la maison du mortl Jaiuais un meurtrier en lit-il son refuge?

D. RODRICIE.

Et je n'y viens aussi que m'olfrir à mon juge.

Ne me regarde plus d'un visage étonné;

Je cherche le trépas après l'avoir donné.

Mon juge est mon amour, mon juge est ma Ciiimèue

Je mérite la mort de mériter sa haine ,

Et jeu viens recevoir, comme un bien souverain,

Et l'arrêt de sa bouche , et le coup de sa main.

ELVIRE

tins plutôt de ses yeux , fuis de sa violence; X ses premiers transports dérobe ta présence. Va , ne l'expose point aux premiers mouvements Que poussera l'ardeur de ses ressentiments.

D. RODRIGIE.

Non , non , ce clier objet à qui j'ai pu Jéplaire

Ne [)eut pour mon snpphce avoir trop de colère;

Et j'évite cent morts qui me vont accabler '.

' Corneille , au lieu Ae j'évite cent morts . avait d'abord luia : Cl d'un heur sans p^iriil je me viriaj cuuibltT.

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