SCÈNE VIL CUTO.N, SABLNE
CLITON
Tu vois que les efTets préviennent les paroles ;
C'est un boaime qui fait litière de pistoles :
Mais comme auprès de lui je puis beaucoup pour UÂ^
SABINE
Fais tomber de la pluie , et laisse faire à moi.
CUTON.
Tu viens d'entier eu goût.
Avec mes révérences, Je ne suis pas encor si dupe que tu penses. Je sais bien mon métier, et ma simplicité Joue aussi bien son jeu que ton avidité.
CLITON
^i tu sais ton métier, dis-moi quelle espérance Doit obtenir mon maître à la persévérance. Sera-t-elle insensible? en viendrons-nous à bout?
SABINE
Puisqu'il est si brave homme , il faut te dire tout. Pour te désabuser, sache donc fine Luci i^ce
2ii
45b LE MExNTEUK.
N'est rien moias qu'insensible à l'ardeur fini le presse ; Durant toute la nuit elle n'a point dormi ; Et , si je ne me trompe , elle l'aime à demi.
CLITOÎi.
Mais sur quel pririlége est-ce qu'elle se fonde , Quand elle aime à demi , de maltraiter le monde ? Il n'en a cette nuit reçu que des mépris. Chère amie , après tout , mou maître vaut son prix. Ces amours à demi sont d'mie étrange espèce ; Et, s'il me voulait croire , U quitterait Lucrèce.
SABINE
Qu'il ne se hâte point, on l'aime assurément.
CUTON.
Mais on le lui témoigne un peu bien rudement; Et je ne vis jamais de métliodes pareilles.