‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 338 sur 386 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DORANTE , CLITON , LYSE

CLITON, à Ljse.

Il ne Aiit que sortir des mains de trois sergents; Je t'en yeux avertir : un fol espoir te trouble; Il cajole des mieux , mais il n'a pas le double.

LYSE

J'en apporte pour lui.

CLITON

Pour lui! tu m'as dupé; El je doute sans toi si nous aurions soupe.

LYSE , montrant une bourse

Avec ce passe-port suis-je la bienvenue?

CLITON

Tu nous vas à tous deux donner dedans la vue

LYSE

Ai-je bien pris mon temps?

CLITON

Le mieux qu'il se pouvait.

C'est une honnête fille, et Dieu nous la devait. Monsieur, écoulez-la.

DOUANTE.

Que veut-elle?

LYSE

Une dame

' Ij ierniérc partie de cette première scène me parait d'vatrte- grand iiicrile; U y a cependant quelciues fautes de Uu^age. (V.)

Vous offre en cette lettre un cœur tout plein de flamme.

Une dame?

CUTOX.

Lisez sans faire de façons :

Dieu nous aime , monsieur, comme nous sommes bons; Et ce n'est pas là tout , l'amour ouvre son coffre , Et l'argent qu'elle tient vaut bien le cœur qu'elle offre.

DORANTE lit.

« Au bruit du monde qui vous conduisait prisonnier, j'ai « mis les yeux à la fenêtre , tt vous ai trouvé de si bonîic « mine , que mon cœur est allé dans la même prison que i» vous , et n'eu veut point sortir tant que vous y serez. Je « ferai mon possible pour vous en tirer au plus tôt. Cependant « obligez-moi de vous servir de ces cent pistoles que je vous « envoie; tous en pouvez avoir besoin en l'état où vous êtes, « et il m'en demeure assez d'autres à votre service. »

(Doraiite continue.)

Cette lettre est sans nom.

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