‹ Théâtre de Pierre et de Thomas Corneille. Avec notes et commentairesChapitre 345 sur 386 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CLÉANDRE, DORANTE, CLITO.N, le prévôt.

CLÉANT>RE, au prévôt.

Ah ! je suis innocent ; vous me faites injure.

LE PRÉVÔT, n ClcanJrr.

Si vous l'êtes , monsieur, ne craignez aucun mal ; Mais comme enfin le mort était votre rival , Et que le prisonnier proteste d'innocence, Je dois sur ce soupçon vous mettre en sa présence.

CLÉ.VN'DRE , au prévôt.

Et si pour s'affranchir i] ose me charger?

LE PRÉVÔT , à Clcandrc.

La justice entre vous en saura bien juger. Souffrez paisiblement que l'ordre s'exécute.

( à Dorante. )

Vous avez vu , monsieur, le coup qu'on vous impute : Voyez ce cavalier, en serait-il l'auteur?

CLÉVNDRE, bas.

Il va me reconnaître. Ah Dieu ! je meurs de peur.

DORANTE, au prévôt.

Souffrez que j'examine à loisir son visage.

(bas.) t'e&t lui , mais il n'a fait qu'en homme de courage ;

iOG LA SUITE DV MENTEUR.

Ce serait lâclieté , quoi qu'il puisse arriver,

De perdre un si grand cœur quand je puis le sauver.

Xe le découvrons point.

CLÉANDRE, bas.

Il me connaît, je tremble.

DORANTE, au [ircvôt.

Ce cavalier, monsieur, n'a rien qui lui ressemble; L'autre est de moindre taille , il a le poil plus blond , Le teint plus coloré , le visage plus rond , Et je le connais moins , tant plus je le contemple.

CLÉANDRE , bas.

0 générosité qui n'eut jamais d'exemple!

DORANTE

L'habit même est tout autre.

Page 1