SCÈNE IV
CLÉANDRE, DORANTE, CLITO.N, le prévôt.
CLÉANT>RE, au prévôt.
Ah ! je suis innocent ; vous me faites injure.
LE PRÉVÔT, n ClcanJrr.
Si vous l'êtes , monsieur, ne craignez aucun mal ; Mais comme enfin le mort était votre rival , Et que le prisonnier proteste d'innocence, Je dois sur ce soupçon vous mettre en sa présence.
CLÉ.VN'DRE , au prévôt.
Et si pour s'affranchir i] ose me charger?
LE PRÉVÔT , à Clcandrc.
La justice entre vous en saura bien juger. Souffrez paisiblement que l'ordre s'exécute.
( à Dorante. )
Vous avez vu , monsieur, le coup qu'on vous impute : Voyez ce cavalier, en serait-il l'auteur?
CLÉVNDRE, bas.
Il va me reconnaître. Ah Dieu ! je meurs de peur.
DORANTE, au prévôt.
Souffrez que j'examine à loisir son visage.
(bas.) t'e&t lui , mais il n'a fait qu'en homme de courage ;
iOG LA SUITE DV MENTEUR.
Ce serait lâclieté , quoi qu'il puisse arriver,
De perdre un si grand cœur quand je puis le sauver.
Xe le découvrons point.
CLÉANDRE, bas.
Il me connaît, je tremble.
DORANTE, au [ircvôt.
Ce cavalier, monsieur, n'a rien qui lui ressemble; L'autre est de moindre taille , il a le poil plus blond , Le teint plus coloré , le visage plus rond , Et je le connais moins , tant plus je le contemple.
CLÉANDRE , bas.
0 générosité qui n'eut jamais d'exemple!
DORANTE
L'habit même est tout autre.