SCÈNE IV
• PHILISTE, DORANTE, CLITON , daus la prison.
DORANTE
Voilà , mon cher ami , la véritable histoire
D'une aventure étrange et difficile à croire ;
Mais puisque je vous vois , mon sort est assez doux.
PHILISTE
L'aventure est étrange, et bien digne de vous ; Et , si je n'en voyais la fin trop véritable , J'aurais bien de la peine à la trouver croyable : Vous me seriez suspect , si vous étiez ailleurs.
CLITON
Ayez pour lui , monsieur , des sentiments meilleurs ; Il s'est bien converti dans un si long voyage; C'est tout un autre esprit sous le même visage; Et tout ce qu'il débite • t pure vérité , S'il ne ment quelquefois par générosité. C'est le même qui prit Clarice pour Lucrèce , Qui fit jaloux .Alcippe avec sa noble adresse; Et , malgré tout cela , le même toutefois , Depuis qu'il est ici n'a menti qu'une fois.
PHILISTE
En voudrais-tu jurer?
CLITO.N.
Oui , monsieur , et j'en jure f
Par le dieu des menteur» , dont il est créature ; Et , s'il vous faut encore un serment plus nouveau , (^
Par l'hymen de Poitiers et le festin sur l'eau.
PHIUSTE.
Laissant là ce badin , ami , je vous confesse Qu'il me «ouvient toujours de vos traits de jeunesse; Cent fois en cette ville aux meilleures maisons J'en ai fait un bon conte en déauisant les noms;