ACTE III, SCÈM': V
Appui (le tna vieillesse, et comble de mon Iieur, Touclie ces cheveux blancs h (|iii tu ronds riionnour, Viens baiser cette joue , et reconnais la place Où fut eujpreiiit l'aflVont que ton cour.;y,eelïace.-^
n. HODiur.tK.
L'IiDinieiii vous en est (ii"! , je ne pouvais pas moins, citant sorti de vous et nourri par vos soins. Je m'en tiens trop heureux , et mon ûme est ravie Que mon coup d'essai plaise à qui je dois la vie ; Mais parmi vos plaisirs ne soyez, point jaloi:\ Si je m'ose à mon tour satisfaire aprî!S vous. Souffrez qu'en liberté mon désespoir éclate ; Assez et trop longtemps votre discours le Datte. Je ne me repens point de vous avoir servi ; Mais rendez-moi le bien que ce coup m'a ravi. Mon bras, pour vous venger, armé contre ma (lamine. Par ce coup glorieux m'a privé de mon âme. Ne me dites plus rien; pour vous j'ai tout |)or(lii; Ce que je vous devais, je vous l'ai bien rendu.
D. niKGUE. :
Porte , porte plus haut le fruit de ta victoire. "^
Je t'ai donné la vie , et tu me rends ma gloire; Et d'autant que l'honneur m'est pins cher ((ue le jour. D'autant plus maintenant je te dois de retour. Mais d'un cu'ur magnanime éloigne ces faiblesses ; Nous n'avons qu'un honneur, il est tant de maîtresses! J/amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir. /^,-*--<^'*^-^^
D. UODr.K.LF,.
). UODr.K.LF,.
Ah ! que me dites- vous ?
D. DIKCUE.
Ce que tu dois savoir, n. uonniccK.
Mon honneur offensé sur moi-même se venge;
El vous m'osez pousser à la honte du change!
I/infamie est pareille, et suit également
Le guerrier sans courage , et le perlidc amant.
A ma fidélité ne laites point d'injure;
Souffrez-moi généreux sans me rendre parjme;
Mes liens sont trop forts pour être ainsi rompus;
Ma foi m'engage encor si je n'espère plus ;
Lt, no pouvant (piittcr ni possédi;r Chimèue,
66 LF. CID.
f.e trépas que je cherche est ma phis douce pciiie.
b. DIÈGLE.
Il n'est pas temps cncor de chercher le trépas ; Ton prince et ton pays ont besoin de ton bras. La (lotte qu'on craignait , dans ce grand lleuve enirci', Croit surprendre la ville et piller la contrée. Les Maures vont descendre; et le (lux et la nuit Dans une heure à nos murs les amèmnit sans Ijruit. La cour est en désordre, et le peuple eu alarmes; On n'enten.l que des cris, on no voit que des larmes. IJans ce malheur public mon bonheur a permis Que j'ai trouvé cliez moi cinq cents de mes amis , Qui, sachant mon a (Trou t, poussés d'un même zèle. Se venaient tous offrir à venger ma querelle. Tu les as prévenus; mais leurs vaillantes mains Se tremperont bien mieux au sang des Africains. Va marcher à leur tête, oii l'iiouneur te demande; C'est toi que veut pour chef leur généreuse bamle. De ces vieux ennemis va soutenir l'abord : Là, si tu veux mourir, trouve une belle mort; Prends-en l'occasion , puisqu'elle fost offerte ; l'ais devoir à ton roi son salut à ta perte; .Mais rcvietLs-en [ilutôt les palmes sur le front. Ne borne pas ta gloire à venger un affront, PortHa plus avant ; force par ta vaillance Ce monarque au pardon, et Cliimène au silence; Si tu l'aimes, apprends que revenir vainqueur C'est l'unique moyen de regagner son cœur. Mais le temps est trop cher pour le i)erdre en paroles; Je t'arrête en discours, et je veux que tu voles. Viens, suis-moi , va combattre, et montrer à ton roi Que ce qu'il perd au comte il le recouvre en toi
Acri-: IV, scfiNi: i. «7