‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 117 sur 417 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

PHOCAS

Avoue enlîn.

Et mou cœur...

Je tremble , je m’égare ,

PHOCAS , à Héraclius.

Tu pourras à loisir y penser.

( à Octavian. )

Frappe.

Arrête ; je suis... Puis-je le prononcer?

PHOCAS-

Achève , ou...

Je suis donc , s’il faut que je le die , Ce qu’il faut que je sois pour lui sauver la vie.

Oui, je lui dois assez , seigneur , quoi qu’il en soit. Pour vous payer pour lui de l’amour qu’il vous doit ; Et je vous le promets entier, ferme, sincère,

Et tel qu’Héraclius l’aurait pour son vrai père. J’accepte en sa faveur ses parents pour les miens 1 ; Mais sachez que vos jours me répondront des siens : Vous me serez garant des hasards de la guerre ,

Des ennemis secrets , de l’éclat du tonnerre ;

Et , de quelque façon que le courroux des deux Me prive d’un ami qui m’est si précieux ,

Je vengerai sur vous , et fussiez-vous mon père,

Ce qu’aura fait sur lui leur injuste colère.

PHOCAS

Ne crains rien : de tous deux je ferai mon appui ; L’amour qu’il a pour toi m’assure trop de lui :

Mon cœur pâme de joie , et mon âme n’aspire Qu’à vous associer l’un et l’autre à l’empire.

J’ai retrouvé mon fils : mais sois-le tout à fait,

Et donne-m’en pour marque un véritable effet ;

Ne laisse plus de place à la supercherie :

Pour achever ma joie, épouse Pulchérie.

Seigneur , elle est ma sœur.

« Toute cette tirade est véritablement tragique ; voilà de la force , du pathétique, et de beaux vers. (V.)

HÉKACL1US.

1 âô

Tu n’es donc point mou liis, Puisque si lâchement déjà tu t’en dédis?

PÜLCHÉRIE.

Qui te donne , tyran , une attente si vaine?

Quoi ! son consentement étoufferait ma haine!

Pour l’avoir étonné tu m’aurais fait changer!

J’aurais pour cette honte un cœur assez léger 1 !

Je pourrais épouser ou ton fils ou mon frère !

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