‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 238 sur 417 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PKUSIAS , ARSINOÉ, FLAM1NIUS, ATTALE, CLEONE.

CLÉONE

Tout est perdu , madame , à moins d’un prompt remède : Tout le peuple à grands cris demande Nicomède;

Il commence lui-même à se faire raison,

Et vient de déchirer Métrobate et Zénon.

ARSINOÉ

Il n’est donc plus à craindre , il a pris ses victimes :

Sa fureur sur leur sang va consumer ses crimes ;

Elle s’applaudira de cet illustre effet ,

Et croira Nicomède amplement satisfait.

FLÀMIN1US.

Si ce désordre était sans chefs et sans conduite ,

Je voudrais, comme vous, en craindre moins la suite;

Le peuple par leur mort pourrait s’être adouci ;

Mais un dessein formé ne tombe pas ainsi :

Il suit toujours son but jusqu’à ce qu’il l’emporte;

Le premier sang versé rend sa fureur plus forte ;

11 l’amorce , il l’acharne , il en éteint l’horreur ,

Et ne lui laisse plus ni pitié ni terreur.

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