‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 245 sur 417 · ACTE V, SCÈNE VU · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VU

ATTALE

Tous les dieux irrités

Dans les derniers malheurs nous ont précipités.

Le prince est échappé*.

LAODICE

Ne craignez plus , madame ;

La générosité déjà rentre en mon âme.

ARSINOÉ

Attale , prenez-vous plaisir à m’alarmer ?

ATTALE

Ne vous flattez point tant que de le présumer.

Le malheureux Araspe , avec sa faible escorte ,

L’avait déjà conduit à cette fausse porte ;

L’ambassadeur de Rome était déjà passé,

Quand , dans le sein d’ Araspe, un poignard enfoncé Le jette aux pieds du prince. Il s’écrie ; et sa suite ,

De peur d’un pareil sort, prend aussitôt la fuite.

ARSINOÉ

Et qui dans cette porte a pu le poignarder?

ATTALE

Dix ou douze soldats qui semblaient la garder.

Et ce prince...

ARSINOÉ

Ah, mon fils! qu’il est partout de traîtres! Qu’il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres!

Mais de qui savez- vous un désastre si grand?

ATTALE

Des compagnons d’ Araspe , et d’ Araspe mourant.

Mais écoutez encor ce qui me désespère.

J’ai couru me ranger auprès du roi mon père ;

Il n’en était plus temps : ce monarque étonné A ses frayeurs déjà s’était abandonné,

Avait pris un esquif pour tâcher de rejoindre Ce Romain dont l’effroi peut-être n’est pas moindre.

• C’est dommage que la belle action d’Attale ne se présente ici que sons l’idée d’un mensonge et d’une supercherie : le prince est échappé tient encore du comique. (V.)

NICOMEDE

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