‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 28 sur 417 · ORONTE · texte numérisé non relu

ORONTE

Notre fuite , madame , est assez difficile ;

J’ai vu des gens de guerre épandus par la ville.

Si l’on veut votre perte , on vous fait observer Ou , s’il vous est permis encor de vous sauver,

L’avis de Laonice est sans doute une adresse :

Feignant de vous servir, elle sert sa maîtresse.

La reine, qui surtout craint de vous voir régner ,

Vous donne ces terreurs pour vous faire éloigner ;

Et, pour rompre un hymen qu’avec peine elle endure. Elle en veut à vous-même imputer la rupture.

Elle obtiendra par vous le but de ses souhaits ,

Et vous accusera de violer la paix ;

Et le roi , plus piqué contre vous que contre elle,

Vous voyant lui porter une guerre nouvelle,

Blâmera vos frayeurs et nos légèretés,

D’avoir osé douter de la loi des traités ;

Et peut-être , pressé des guerres d’Arménie,

Vous laissera moquée, et la reine impunie.

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