ORONTE
Notre fuite , madame , est assez difficile ;
J’ai vu des gens de guerre épandus par la ville.
Si l’on veut votre perte , on vous fait observer Ou , s’il vous est permis encor de vous sauver,
L’avis de Laonice est sans doute une adresse :
Feignant de vous servir, elle sert sa maîtresse.
La reine, qui surtout craint de vous voir régner ,
Vous donne ces terreurs pour vous faire éloigner ;
Et, pour rompre un hymen qu’avec peine elle endure. Elle en veut à vous-même imputer la rupture.
Elle obtiendra par vous le but de ses souhaits ,
Et vous accusera de violer la paix ;
Et le roi , plus piqué contre vous que contre elle,
Vous voyant lui porter une guerre nouvelle,
Blâmera vos frayeurs et nos légèretés,
D’avoir osé douter de la loi des traités ;
Et peut-être , pressé des guerres d’Arménie,
Vous laissera moquée, et la reine impunie.