‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 322 sur 417 · ÉLISABETH , LA DUCHESSE , CÉCILE , T1LNEY · texte numérisé non relu

ÉLISABETH , LA DUCHESSE , CÉCILE , T1LNEY

CÉCILE

On ne pouvait user de plus de diligence. Madame : on a du comte examiné le seing ;

Les écrits sont de lui, nous connaissons sa main. Sur un secours offert, toute l’Irlande est prête A faire au premier ordre éclater la tempête ;

Et vous verrez dans peu renverser tout l’État,

Si vous ne prévenez cet horrible attentat.

ÉLISABETH, à la duchesse.

Garderez-vous encor le zèle qui l’excuse ?

Vous le voyez.

LA DUCHESSE

Je vois que Cécile l’accuse ;

Dans un projet coupable il le fait affermi 1 :

Mais j’en connais la cause, il est son ennemi.

CÉCILE

Moi , son ennemi ?

LA DUCHESSE

Vous.

1 On ne peut guère écrire plus mal. Mais le rôle de Cécile est plus mauvais que ce style; il est froid, il est subalterne. Quand on veut peindre de tels hommes, il faut employer les couleurs dont Racine a peint Narcisse. (V.)

ÜQ

LE COMTE D’ESSEX

CÉCILE

Oui, je le suis des traître Dont l’orgueil téméraire attente sur leurs maîtres ; Et, tant qu’entre mes mains leur salut sera mis ,

Je ferai vanité de n’avoir point d’amis.

LA DUCHESSE

Le comte cependant n’a pas si peu de gloire Que vous dussiez sitôt en perdre la mémoire :

L’État, pour qui cent fois on vit aimer son bras ,

Lui doit peut-être assez pour ne Toublier pas.

CÉCILE

S’il s’est voulu d’abord montrer sujet fidèle ,

La reine a bien payé ce qu’il a fait pour elle ;

Et plus elle estima ses rares qualités,

Plus elle doit punir qui trahit ses bontés.

LA DUCHESSE

Si le comte périt, quoi que l’envie en pense ,

Le coup qui le perdra punira l’innocence.

Jamais du moindre crime...

Eh bien ! on le verra.

(à Cécile.)

Assemblez le conseil ; il en décidera.

Vous attendrez mon ordre.

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