‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 80 sur 417 · LE PAGE · texte numérisé non relu

LE PAGE

Kxupère , madame, est là qui vous demande 2 .

LÉONTINE

Exupère ! à ce nom que ma surprise est grande !

Qu’il entre. A quel dessein vient-il parier à moi 3,

Lui que je ne vois point , qu’à peine je connoi 4 ?

Dans Tâme il hait Phocas , qui s’immola son père ;

Et sa venue ici cache quelque mystère.

1 La pensée n’est pas exprimée. La naissance ne mérite ni ne démérite, ü veut dire : le fils d’un tyran ne mérite pas d’être vertueux ; et encore ,eela n’est pas vrai. Toutes ces pensées subtiles, obscurément exprimées, choquent les premières lois de l’art d’ccrire, qui sont le naturel et la clarté. (V.)

2 On sent assez que cet est là est un terme de domestique qui doit être banni de la tragédie. Ce page ne paraît plus aujourd’hui. On ne connaissait point alors les pages. (V.)

. 3 Parler à moi ne se dit point ; il faut , vie parler. On peut dire en reproche : parlez à moi , oubliez-vous que vous parlez à moi? (V.)

4 On prononce je connais; et, du temps même de Corneille , cette diphthongue oi était toujours prononcée ai dans tous les imparfaits , )’ aurais , je ferais ; auparavant on la prononçait comme toi , soi, loi. Couvai pour connais est une liberté qu’ont toujours eue les poètes, et qu’ils ont conservée : il leur est permis d’ôter ou de conserver celtes à la fin du verbe, à la première personne du présent; ainsi on met :je ili , pour je dis; je fai , pour je fais; j’ averti , pour j'avertis ; je vai , pour je rais,

. .Je vous en averti ,

Et , sans compter sur moi . prenez votre parti.

îi Kc.ixr.. (V.)

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