‹ Théâtre de pocheChapitre 67 sur 82 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

LES MÊMES, VÂLÈRE.

INEZ

Valère, en ce moment.

Ici!

VÀLÈRE, feignant de ne pas Toir Géronle, pendant toute la scène.

Rassurez-vous ; je ne suis plus le même ; Je ne viens pas vous dire, Ine2, que je vous aime : Mon cœur est revenu de ces frivolités.

INEZ

En me parlant ainsi, monsieur, vous m'enchantez.

VALÈRG.

Je ne veux pas lutter contre un oncle adorable. . .

INEZ

Adoré I

FRONTIM, à Géronte.

Vous voyez.

VALÈRE

Mille fois préférable A son neveu...

C'est vrai.

VALÈRE

Qui n*a que ses vingt ans.. .

MARINETTE

Mérite qui décroît et passe avec le temps.

GÉRONTE, à Fronlin.

Cette fille a du sens. *

FRONTIN, à Géronte.

Continuons l'épreuve.

VALÈRE

Vous épousez Géronte ?

IlfEZ.

Olli.

VALÈRE

Je sais une veuve, Belle de deux maisons et de cent mille francs ; Quels yeux à ses appas seraient indifférents?

IKEZ.

C'est un fort bon parti : faites ce mariage.

GÉRONTE

Le monde va finir; mon neveu devient sage ! .

VAIiÈRE.

Cet hymen m'enrichit, et j'en veux profiter.

Comme tout bon neveu le doit, pour acquitter, Sans y jeter les yeux, les comptes de tutelle De mon oncle.

GÉROMTE.

C'est grand I

INEZ

Une femme peut'-elle Abandonner ses biens à Tépoux de son choix î

VALÈRE

Assurément.

IKEZ.

Je cède à Géroiite mes droits.

GÉRONTE

Ah ! quel beau trait !

FRONTIM.

Fort beau !

INEZ

Mes deux fermes en Brie, Mes terres au soleil, tant en bois qu'en prairie, Mes rentes, ma maison sur le pont Saint-Michel, Mes nippes, mes bijoux. . .

GÉRONTE

Poursuis, ange du ciel î

INEZ

J'en yeux faire présent à Géronte.

YALÈRE.

J'approuve Ce dessein.

GÉRONTE

Cher neveu !

INEZ

Si mon tuteur me trouve Digne d'être sa femme, ayant déjà mon bien, Alors à mon bonheur il ne manquera rien.

GÉRONTE

Quelle délicatesse !

INEZ

Et je serai bien sûre, Étant pauvre, que c'est par affection pure.

GÉRONTE

Va, je t'épouserai, sois tranquille.

FRONTIN

Comment Reconnaître jamais un pareil dévoûment ?

INEZ

Faut-il foire un écrit ?

YALÈRE.

Pour qu'elle soit exacte.

De la donation on dresse un petit acte.

Chez un notaire avec deu^ témoins pour signer, Harinette et Frontin vont nous accompagner.

GÉRONTE

Si Ton faisait venir le notaire ?

FRONTIN

Non cerle, On n'instrumente pas sur une place ouverle.

GÉRONTE

Au théâtre pourtant cela se passe ainsi.

FRONTIN

Mais nous ne jouons pas la comédie ici.

Ils sortent.

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